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Amnistie sociale !

Écrit le 24 avril 2013 par Éric Thouzeau

amnistie_2-1Dans ce pays, c’est incroyable : on s’émeut de l’amnistie de syndicalistes mais pas des délits patronaux. Le Medef ose s’indigner contre quelques militants qui ont forcé des portes pour se faire entendre.

Mais nous n’avons pas oublié que c’est ce même patronat, la branche métallurgie du Medef (l’UIMM) , qui a détourné 600 millions d’euros dans une caisse noire, révélée en 2007. C’était des détournements en bande organisée de biens sociaux, une double comptabilité dans les entreprises, un trafic d’influence et de salaires en liquide (versés par le président de l’UNEDIC d’alors qui était pourtant chargé de veiller aux rentrées de cotisations sociales !). On ne nous parle pas d’amnistie, parce qu’on se fait discret pour faire oublier l’affaire mais, 6 ans après, les responsables de l’UIMM ne sont toujours pas jugés ! Pourtant n’importe quelle bande organisée de voleurs de mobylettes en banlieue, pour beaucoup moins que ça, aurait été mise sous les verrous.

Les grandes conquêtes sociales (tels les congés payés) ont été obtenues parce qu’il y a eu des occupations d’entreprise et des séquestrations de patrons ! L’histoire du syndicalisme, ça a été pour d’abord exister lorsqu’il y avait des massacres contre les ouvriers, comme le massacre de Fourmies. Nous, nous ne l’oublions pas. Si nous avons une retraite et une sécu, c’est qu’il en fallu des occupations, des piquets de grève, des échauffourées, et des militants ont été plus souvent frappés, matraqués, licenciés, humiliés que violents eux mêmes !

Il y a peu, la droite réclamait l’amnistie pour les fraudeurs fiscaux ! Il y a 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, 60 à 80 milliards de fraude fiscale, mais là la droite demande l’amnistie ! L’UMP demande grâce pour les fraudeurs afin qu’ils ne soient pas poursuivis…et soyons certains que ce sera un encouragement à ce qu’ils puissent continuer à frauder !

Il n’y a pas d’égalité dans les entreprises, un contrat de travail c’est un lien de subordination juridique permanent. C’est terriblement difficile de défendre ses droits au travail, son salaire, sa promotion, sa carrière, sa dignité, sa santé ! Qu’on se souvienne de ceux de Peugeot Sochaux dont il a fallu redresser la carrière parce que pendant 25 ans ils avaient subi préjudice, ils étaient moins payés, moins bien traités alors qu’ils défendaient leurs droits démocratiques dans l’usine.

Qui jette des pierres ? Des manifestants contre le mariage pour tous… Soyons certains qu’ils ne risquent pas grand chose. En revanche, il y a des centaines de milliers de salariés, qui se lèvent le matin, sans l’intention de séquestrer leur patron, et puis un beau jour devant l’injustice, l’inhumanité de l’exploitation, la souffrance au travail, le fait d’être licenciés sans contrôle, sans recours, ils craquent ! Ce sont des soulèvements nobles, et quelques temps plus tard on leur rend hommage parce que c’est ainsi que l’histoire sociale avance !


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