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Dans la rue les 9 et 11 janvier !

Écrit le 8 janvier 2020 par Éric Thouzeau

Mes camarades cheminots nantais ont entamé aujourd’hui leur 35ème jour de grève. Plus qu’en 86-87, plus qu’en 1995, les deux plus longs conflits auxquels j’ai pu participer lorsque j’étais en activité et en responsabilité syndicale à la SNCF, une SNCF qui était alors, encore, une entreprise de service public.

Les néo-libéraux de tout poil ont depuis longtemps retiré à la compagnie créée en 1937 toute notion de service public, pour ne lui concéder que des missions de service public dans le domaine des transports régionaux et certaine liaisons inter-cités. Le transport de marchandises (le fret ferroviaire), les Grandes lignes (le TGV) ne sont plus considérés comme du service public, mais comme de simples activités commerciales. L’éclatement de l’entreprise ferroviaire et sa transformation au 1er janvier 2020 en société anonyme avec des filiales également sociétés anonymes  préparent la voie à des opérateurs privés, synonyme d’abandon de nombreux territoires (sauf apport financier conséquent des collectivités).

Parce que le syndicalisme cheminot a de tout temps défendu le service public,  le combat des cheminots n’a jamais été le simple combat d’une corporation. La grève actuelle est clairement une lutte contre la retraite à points de Macron qui vise à faire baisser les retraites de tous les salariés, du privé comme du public (1).

Avec la réforme du Code du travail et la refonte des organismes de représentation du personnel, le grand commis de la finance qu’est le Président Macron a diminué de façon drastique les moyens des délégués du personnel et des organisations syndicales de salariés. Cela ne lui suffit pas. Il s’agit aujourd’hui d’en finir avec un des bastions syndicaux qu’est la SNCF, tant la culture de service public et donc de l’intérêt général reste encore forte chez les cheminots. Comme Margaret Thatcher a brisé les mineurs en Grand en Bretagne. Mais nous ne sommes plus dans les années 80, le néo-libéralisme est rejeté de plus en plus massivement par les peuples car il produit toujours plus d’inégalités sociales et, par la recherche du profit maximum, attaque l’environnement et met en danger la planète.

Les cheminots le disent et le répètent, depuis un mois dans toutes les AG auxquelles j’ai assisté, ils  ne veulent pas être la « locomotive » de la lutte contre la retraite à points. Ils n’en sont qu’une des composantes. Les 9 et 11 janvier en étant dans la rue encore plus nombreux que le 5 et le 17 décembre, nous montrerons au gouvernement que la lutte est une lutte interprofessionnelle et qu’il n’y a qu’une seule voie possible  comme l’indique à juste titre l’appel d’une soixantaine de personnalités (2) « le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail ».

(1) « La retraite à points de Macron. Dix questions, dix réponses » livre (à la rédaction duquel j’ai participé) édité par la Gauche démocratique et sociale (GDS)  à commander à commegaronne@orange.fr

(2) Pétition unitaire pour le retrait de la réforme à points


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