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Luttes sociales, élections : où va la gauche ?

Écrit le 30 juin 2020 par Éric Thouzeau

Les électeurs ont été nombreux à ne pas se déplacer voter le 28 juin. Préoccupés par la crise sociale qui commence, ils n’ont pas considéré  que cette élection pouvait changer leur vie. L’absence  d’alternative nationale crédible au macronisme a lourdement pesé. Nous y reviendrons au cours de la réunion en ligne organisée par la Gauche démocratique et sociale mardi 30  juin à 18h30.

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces élections. La première, et elle est d’importance, c’est la défaite majeure de LREM. Le macronisme n’a toujours pas réussi à s’enraciner. Le désaveu exprimé dans les urnes ne fait que confirmer la colère sociale qui couve en permanence dans le pays.

Dynamique citoyenne et gauche unie

La deuxième leçon, c’est que l’unité à gauche est facteur de dynamique, et plus aucune force de gauche et écologique ne peut vraiment  gagner seule. La déstructuration de la gauche suite aux trahisons du quinquennat de Hollande n’est pas finie. Si la question écologique est un des éléments de la restructuration des gauches souhaitée par le « peuple de gauche », les électeurs expriment toujours un aussi fort besoin de gauche : pour preuve, l’augmentation du SMIC et des minimas sociaux sont des exigences sociales fortes que les études post-élections confirment, tout comme un besoin de décentralisation… pour en finir avec l’hyper-présidence(*).

Question sociale et urgence climatique sont étroitement liées, et la question démocratique (en finir avec la 5ème République) n’est pas annexe au vu de la crise dont témoigne les records d’abstention.

Les différentes formations de la gauche sociale et écologique ont une lourde responsabilité : travailler à une alliance sans exclusive ni hégémonie pour répondre aux exigences qu’expriment les mouvements sociaux, et empêcher un nouveau face-à-face Macron-Le Pen en 2022. Travailler à un contenu à donner à cette alliance, un programme de législature devient urgent.

Ecologie et justice sociale

Les errements d’un Cohn-Bendit passé d’EELV au macronisme montrent que l’écologie n’a pas beaucoup d’avenir à droite. Macron a beau expliquer qu’il reprend à son compte l’essentiel des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, il en recale une d’emblée :  la taxation des entreprises qui distribuent plus de 10 milliards d’euros de dividendes annuels à hauteur de 4% des dividendes versés ! Macron reste le Président des riches ! Quant à la création d’une nouvelle tranche d’imposition sur les hauts revenus proposée par la Convention, il n’en a dit mot.

Au même moment, l’Etat demande le rejet de la requête des trois ONG (FNH, Oxfam et Greenpeace) accusant la France d’inaction climatique, après la pétition « l’affaire du siècle » qui avait recueilli plus de deux millions de signatures.  Les trois ONG viennent d’avoir le soutien de la  Fédération nationale de l’agriculture biologique et la Fondation Abbé Pierre en soutien, qui soulignent les impacts des changements climatiques sur l’agriculture et le mal logement.

Alternative sociale et écologique

 Dix jours à peine après la visite de Macron, Sanofi annonce la suppression de 1000 postes en France. En 2020 c’est 4 milliards de dividendes distribués à ses actionnaires, en 10 ans, Sanofi c’est aussi 1,5 milliards de crédit d’impôts en tout genre. Pas question pour Macron de s’attaquer à ce système. Tout au contraire, le bloc bourgeois qui l’a porté au pouvoir lui a confié la mission de le préserver. Décidément, il est grand temps de construire une alternative de gauche majoritaire !

(*) Lire l’analyse de La sociologue Vanessa Jérôme dans les Inrockuptibles.


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