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Marin Poirier : premier résistant nantais fusillé

Écrit le 30 août 2016 par Éric Thouzeau

Marin Poirier PhotoCe 30 août 2016, à l’initiative du Comité du souvenir et de la ville de Nantes, une cérémonie à la mémoire de Marin Poirier va se dérouler à Nantes (Vieux-Doulon à 17h30). Je reproduis ici un court article que j’avais écrit il y a quelques années pour se souvenir de ce cheminot socialiste, premier résistant nantais fusillé par les nazis en 1941.

Il a son buste sur la place du Vieux Doulon . La cité cheminote ainsi qu’une place près du Manoir Saint-Lô portent son nom. Mais qui se souvient encore de Marin Poirier, ce cheminot membre de la SFIO et  premier résistant nantais à être fusillé ?

 Né le 9 avril 1903  à Fougères, Marin Poirier est au début de la deuxième guerre mondiale garde-barrière au Passage à niveau n°318 place de la Bourse à Nantes (près de la place du Commerce). Les troupes nazies entrent à Nantes le 19 juin 1940. Dès la fin juin, le Comité d’Entente des anciens combattants organise l’aide et l’envoi de colis aux nombreux prisonniers de guerre détenus dans notre département. Plusieurs des membres de ce comité  organisent un réseau d’évasion de prisonniers, qui une fois hors camps sont acheminés soit vers l’Angleterre, soit vers la zone libre. Le réseau opère à partir des bureaux de l’Association des mutilés et réformés, situés rue Saint-Léonard. Une des activités est l’établissement des faux papiers nécessaires.

 Marin Poirier participe activement aux actions de ce groupe d’anciens combattants. Parallèlement, il rejoint également fin1940 le réseau dénommé Bocq-Adam qui fournit notamment des renseignements sur les installations militaires allemandes aux services secrets britanniques. Le 26 décembre 1940, il fait partie du groupe qui dépose des grenades incendiaires au foyer de soldats allemands de la Pace Royale . C’est un des tous premiers actes de résistance active accomplis.

 Le 13 décembre une lettre anonyme arrive à la Kommandantur. Elle dénonce l’activité des anciens combattants. Le 16 janvier 1941, Marin Poirier est arrêté au café du Cycle, rue de la Fosse, dans l’arrière-salle duquel il recevait les candidats au passage en zone libre (1).

 En juillet, Marin Poirier est condamné pour complicité dans l’évasion des prisonniers de guerre en zone non occupée à 4 ans et demi de prison. Il fait appel. La politique allemande s’est durcie, il est alors condamné à mort et fusillé le 30 août 1941 à 12h20 sur le champ de tir du Bêle à St Joseph de Porterie.

 C’est le 14 novembre 1948 que la stèle, qui supporte le buste de Marin Poirier, a été  inaugurée en présence du ministre des anciens combattants et du directeur général de la SNCF. Elle est constituée de dix rails disposés dans un cercle aboutissant au pied d’une colonne de 2m70 de hauteur.

 Se souvenir est un devoir !

(1) C’est ce réseau qui a permis à mon père alors âgé de 18 ans de franchir clandestinement la ligne démarcation en 1941. Lui aussi a eu un rendez-vous au café du Cycle, vraisemblablement après l’arrestation de Marin Poirier, ce qui prouverait que le réseau a continuer à fonctionner encore quelques temps. 

Marin Poirier arrêt cour martiale


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