RSS Feed

Migrants : signons l’appel de Nantes

Écrit le 1 septembre 2018 par Éric Thouzeau

Je reproduis ci-dessous la pétition (que j’ai signée et que j’appelle à signer sur change.org) initiée par le dessinateur de presse nantais Eric Chalmel interpellant Macron, Philippe et Collomb sur la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les demandeurs d’asile à Nantes. Il est temps, grand temps que l’Etat assume ses responsabilités dans l’accueil des migrants. Par ailleurs les collectifs de soutien aux migrants et l’intersyndicale ont prévu une manifestation le samedi 22 septembre à 15h au square Daviais en direction de la préfecture. Le président des riches et son gouvernement ne manifestent pas le même mépris vis-à-vis des traders anglais, que Macron cherche à attirer à Paris suite au départ annoncé de la Grande Bretagne de l’Union européenne, que vis-à-vis des migrants érythréens par exemple. Y aurait-il les bons migrants (les riches) et les mauvais migrants (les pauvres) ? 

APPEL DE NANTES À L’ÉTAT FRANÇAIS

Pour une politique d’asile digne de la France, pour un accueil humain des réfugiés

Nous sommes des citoyens qui vivent à Nantes, confrontés au drame du nouveau « Calais » du square Daviais. Nous appelons l’État à créer immédiatement des places d’accueil dignes et en nombre suffisant, partout en France, pour que cesse ce scandale humanitaire qui déshonore notre pays.

Nous appelons tous les citoyens de bonne volonté à signer cet appel et à le relayer.

 Nantes, 1er septembre 2018

 Monsieur le président de la République,

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Aujourd’hui, plus de 400 réfugiés s’entassent dans un camp de fortune en plein cœur de Nantes, débordant du square Daviais (auxquels autant s’ajoutent dans les squats).

La situation empire depuis plusieurs mois et le retour du mauvais temps n’arrange rien. Les conditions de vie de ces personnes démunies sont intolérables, malgré la mobilisation exemplaire des associations et des militants présents sur place, malgré les efforts matériels de la Ville de Nantes, malgré la bonne volonté de nombreux habitants. Ces réfugiés ont fui l’enfer pour un pays qui a inscrit « fraternité » au fronton de ses édifices, et que trouvent-ils ? La négation de leur dignité humaine.

Face à cette situation d’urgence absolue, à tout point de vue et notamment sanitaire, la maire de Nantes Mme Johanna Rolland a écrit le 20 août dernier à M. le Premier ministre pour l’alerter et appeler l’État à prendre ses responsabilités en créant sans attendre des places dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). La réponse est venue par la bouche de Mme la préfète de Loire-Atlantique : « La situation est inextricable à Nantes. Il n’y a pas de solution. » Faut-il comprendre que l’État a décidé d’abandonner les villes confrontées à ces circonstances dramatiques ?

La République a été fondée sur la considération « que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements… » Cette même déclaration stipule que « La Société a le droit de demander des comptes à tout Agent public de son administration. »* Messieurs, vous n’ignorez pas la situation des réfugiés présents sur notre sol ; auriez-vous oublié votre devoir ou serait-ce du mépris ? Votre apparente indifférence conduit à recréer à Nantes un « Calais », en espérant cyniquement que la Ville suppléera à l’État, alors que vous savez pertinemment que ce n’est ni de sa compétence ni dans ses moyens. Cette tension ne peut que mal finir.

Nous ne voulons pas avoir honte de notre pays, qui se flatte d’être l’une des toutes premières puissances mondiales et en même temps se montre pleutre, indigne de ses principes humanistes pourtant proclamés à tous vents. Il est temps que l’État français se ressaisisse. Il est plus que temps de mettre en œuvre une politique d’asile digne de la France : ce n’est pas Marine Le Pen qui a été élue en mai 2017. Il est plus que temps de répondre solidairement entre les différents pouvoirs publics, en bonne intelligence, à l’urgence d’un accueil tout simplement humain. À commencer par offrir aux réfugiés un hébergement digne de ce nom, à commencer par créer sans délai de nouvelles places d’accueil partout en France, en nombre suffisant. Nous en avons les moyens, il ne manque que la volonté politique. En un mot, il est temps d’agir.

Dans l’espoir,

Veuillez croire, Monsieur le président de la République,

Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Intérieur,

A l’expression de notre très respectueuse considération.

*Extrait de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789).

 

 


3 Comments »

  1. PLANER dit :

    Comment se dire socialiste si lon reste muet devant une telle situation inhumaine ? Même la ville de Nantes ne fait sans doute pas tout ce qu’elle devrait faire.

  2. Mouvement dit :

    Le gouvernement est complètement déconnecté des réalités de la société. Il ne prends pas ces responsabilités et se cache derrière ces engagements. Il a perdu toute sa crédibilité et sa légitimité. Le peuple doit les destituer car l’humanisme ne viendra jamais des castes de privilégiés.

  3. BOUCHOUX dit :

    « Nos » politiques attendent quoi ? C’est inhumain ! La Préfète est aux ordres et semble totalement inerte ! Notre maire fait ce qu’elle peut je pense, mais pourrait sans doute mieux faire. J’ai vu ce jour un appel à toutes les communes de l’agglo pour trouver des solutions d’hébergement. Ils vont se bouger, oui ou non ? Merci merci aux associations et nantais anonymes qui soutiennent ces populations (j’ai honte de ne pouvoir m’impliquer autant que je le souhaiterais étant encore en activité et vraiment pas disponible !). Courage courage. Nous y arriverons bientôt.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *