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Une profonde crise démocratique

Écrit le 22 juin 2021 par Éric Thouzeau

La très faible participation aux scrutins du 20 juin est historique. C’est un évènement majeur. On peut certes constater un échec cinglant pour le parti macroniste, A gauche, on peut aussi voir une confirmation : si les formations de la gauche et de l’écologie partent séparées en 2022, elles n’atteindront pas le second tour de la présidentielle faute de dynamique unitaire nationale. Quant à l’extrême-droite, est-ce raisonnable de conclure à sa régression quand il y a un tel taux d’abstention dans le pays ? Commenter les seuls suffrages exprimés serait une erreur et est une insulte faite aux 66,7 % de non votants.

L’abstention massive est populaire

Elle est l’expression des trahisons répétées des attentes populaires. Elle vient du mépris des résultats du référendum de 2005 par Sarkozy puis Hollande. Elle vient des cahiers de doléances enterrés par Macron à la suite du mouvement des gilets jaunes et du faux grand débat national. Elle relève de l’abandon de toutes les promesses de vivre mieux. C’est encore le résultat des mensonges formulés (en campagne se dire contre la finance et au pouvoir gouverner en sa faveur !). C’est aussi l’absence d’écoute des mobilisations contre les divers projets de casse du code du travail, des services publics, des retraites de 2003 à aujourd’hui. La liste est longue. Quand les exigences du salariat sont niées, le pire peut s’installer.

Les attentes populaires ignorées

Depuis des années, les différentes offres politiques ignorent les attentes sociales. Les gouvernants envoient des signaux aux riches et agissent pour les seuls privilégiés. Les riches s’enrichissent, la pauvreté augmente et gagne les couches dites moyennes. Sans projet pour la majorité sociale comment s’étonner de la désaffection massive des 2/3 de l’électorat ? Un projet de gauche doit mettre en avant la hausse des salaires, la défense de l’emploi et de la retraite à 60 ans, le partage et la réduction du temps de travail, la promotion des services publics, et la nécessité d’une planification écologique.

Les bavardages remplacent les actes pour contrer la crise écologique

De la COP21 en 2015 jusqu’à la convention citoyenne pour le climat, les actes pour faire face à l’urgence écologique sont sans cesse reportés. Et le danger d’une augmentation des températures, des bouleversements climatiques ne cesse de s’amplifier. Comment mobiliser sur un projet collectif dans ce cadre ?

Reprendre la main pour changer de cap

Il reste à peine un an avant les échéances de 2022. Il faut que les citoyens s’emparent du débat public. Cela peut commencer le 27 juin et devra prendre de l’ampleur à l’automne. Pour remobiliser la société il faut sortir des faux semblants, des faux débats, de la confusion. L’urgence est à porter les exigences sociales, écologiques, démocratiques du plus grand nombre.

Nous aurions besoin d’États Généraux pour reconstruire une République sociale, écologique, démocratique. On peut aussi en appeler à une Convention citoyenne, une Assemblée constituante. Ce que la crise démocratique appelle, c’est à un changement institutionnel profond, une 6ème République parlementaire. Les forces progressistes, associatives, syndicales, politiques doivent s’y engager, y participer et y contribuer. C’est notre appel à des rencontres à tous les niveaux des gauches et des écologistes.

Il faut aussi un puissant mouvement citoyen pour imposer à gauche une plateforme commune, un candidat commun, des listes communes. Celui-ci peut se construire à partir des appels pour 2022 qui ont la responsabilité de développer des initiatives locales, départementales.

A ces conditions, et avec un rassemblement des forces dès cet automne, 2022 peut être l’année de l’Alternative contre la droite réactionnaire et permettre de rabattre son caquet à une extrême droite qui a trop longtemps prospéré.


Un commentaire »

  1. Bernier dit :

    Ok avec ton analyse.
    Définir un projet et désigner un candidat ou une candidate porteur de ce projet puisque la 5 eme république ne nous donne pas d’autres alternatives.
    Le consensus est possible si chacuns et chacunes abandonnent leurs égos au profit de l’intérêt commun.
    10 mois pour cette plateforme, ça va être court si l’on ne s’y met pas de suite.

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