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  1. Pourquoi la gauche a gagné à Nantes ?

    Écrit le 10 juin 2026 par Éric Thouzeau

    Nantes populaire a organisé un débat le 9 juin à Nantes pour tirer les leçons de la dernière élection municipale. Le titre choisi pour cette soirée nous parait étonnant. Nantes Populaire pose la question : « Pourquoi la gauche a failli perdre à Nantes ? »… au lieu d’analyser les raisons qui ont fait que la gauche a gagné à Nantes (contrairement à plusieurs communes de l’agglomération qui ont basculé de gauche à droite – La Chapelle sur Erdre, Les Sorinières,  Orvault, Bouaye – sans parler des communes perdues au plan national).

    visuel FR3 Pays de la Loire

    La victoire de la gauche a Nantes a été nette, elle n’est absolument pas une victoire étriquée alors  que la droite avait fait de Nantes son laboratoire de la reconquête.

    Et si au premier tour la liste conduite par Johanna Rolland est arrivée en tête, c’est tout d’abord parce que nous avons été en capacité de présenter à ce  premier tour une liste qui a rassemblé une dizaine de formations politiques. Ce premier rassemblement, certes incomplet, a permis à une frange importante de l’électorat de gauche de sentir que, contrairement au plan national, une dynamique d’union serait possible localement.

    Et la fusion opérée au deuxième tour avec la liste de la France insoumise a été approuvée très majoritairement par l’électorat de gauche. Alors que le LFI bashing contre la France insoumise a été particulièrement fort  ces derniers mois.

    Alors pourquoi à Nantes cela a marché ? Une des raisons, simple mais essentielle, c’est que les militantes et les militants des différentes formations de gauche se connaissent. Elles et ils ont l’habitude de se retrouver dans les mouvements sociaux dans la rue, que ce soit contre la réforme des retraites, contre les coupes budgétaires de Morançais par exemple ou lors du dernier premier mai. Elles et ils ont l’habitude depuis plusieurs années de se retrouver assez souvent aussi dans différents cadres unitaires, ce qui a été renforcé avec la création de la NUPES puis du NFP. Ces réunions unitaires sont souvent difficiles tant à gauche nous avons l’art de mettre en avant ce qui nous divise au lieu de partir de ce qui nous rassemble. Pourtant, nous avons été par exemple un des rares départements où dans les jours qui ont suivi le 7 octobre, une déclaration commune a été adoptée contrairement à ce qui s’est passé nationalement. Nous avions réussi un texte signé par : Ensemble 44, EELV 44, Gauche écosocialiste 44, Génération.s 44, Gauche démocratique et sociale (GDS 44), LFI 44, Nouvelle Donne 44, PCF 44, Place publique 44, PS 44, Territoires 44 (1).

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  2. Petite analyse des nouveaux concepts théoriques de LFI

    Écrit le 13 mai 2026 par Éric Thouzeau

    Si Lénine a écrit en 1901 un ouvrage intitulé « Que faire ? », la France insoumise (LFI) publie en 2026  un opuscule (de 85 pages tout de même) appelé « Comment faire ? ». Il faut prendre le temps de le lire puisqu’il s’agit d’un texte qui veut présenter les soubassements théoriques de LFI. Jean-Luc Mélenchon a toujours cherché à présenter ses orientations en s’appuyant sur des concepts et de nombreuses notions théoriques avec les évolutions de la société.  Néanmoins ses nouveaux écrits ne sont aos sans poser de problème. Et je me propose de  revenir sur quelques-uns des points abordés dans la brochure « Comment faire ? ».  (1)

    Pour tout marxiste qui se respecte,  la politique est une pratique humaine articulant théorie et pratique pour transformer le réel. Citons Marx : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le transformer » (1). On parle alors de « praxis » : une théorie de la pratique. Le rôle de la théorie c’est donc d’aider à analyser une situation et d’en définir une pratique pour transformer le réel. Puis il s’agit de confronter la pratique à la théorie…et réajuster alors le cadre théorique si nécessaire. Et non pas : définir une « théorie » pour justifier une pratique.

    Savoir déceler ce qui est nouveau, ce qui change. Sans pour autant oublier les leçons du passé. Quand LFI écrit : « tout est nouveau sous nos yeux » (Page 69), on a tendance sous couvert d’avoir « une pratique d’adaptation permanente », de justifier chaque changement de ligne et d’orientation (auquel JLM nous a habitué) par la situation qui elle-même changerait. En résumé, l’impression que l’on a à la lecture de cet opuscule, c’est que le discours théorique a pour fonction de justifier une politique qui néanmoins n’a rien de nouveau, une politique qu’on désigne souvent comme bonapartiste et populiste (et pas seulement en Amérique latine).

    Un abandon de la lutte des classes

    Les rédacteurs et rédactrices de  « Comment faire ? » nous disent utiliser le matérialisme historique. Ce qui définit le matérialisme historique, c’est l’idée fondamentale de Marx, « les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé ».

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  3. Adieu camarade Pierre

    Écrit le 8 mai 2026 par Éric Thouzeau

    Pierre Ruscassie (19444-2026) a longtemps été un pilier de ce groupe politique qui s’est constitué avec Gérard Filoche au fil de batailles internes à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Militant à Pau aux côtés de Jean-Yves Lalanne, Pierre était un de ceux qui, parmi nous, a insisté très vite sur l’importance des revendications démocratiques et plus globalement sur la démocratie. Une démocratie qui doit être au cœur d’un projet réellement socialiste, mais aussi indispensable dès à présent dans le fonctionnement quotidien d’un parti de gauche.

    Ce débat a notamment pris de l’ampleur au moment de la chute du mur de Berlin, ce qui nous avait alors amenés à créer un bulletin dénommé « Vent d’Est », ancêtre de la revue « Démocratie&Socialisme ». Avec Pierre, nous avons continué à cheminer au sein du Parti socialiste (1994-2018), puis à la Gauche démocratique et sociale (GDS, de 2018 à 2024) et enfin à l’Alliance pour la République écologique et sociale (L’APRÈS).

    Pierre était passionné de théorie et était un débatteur infatigable, contrairement parfois à ceux avec qui il pouvait discuter ! Oui il nous a parfois « usés » lors de discussions fort tard à l’occasion des stages et journées d’études annuels que nous tenions depuis les années 80. Mais Pierre débattait toujours avec sourire, courtoisie et gentillesse. Il a formé nombre de camarades au marxisme.

    Pierre a aussi été un des citoyens tirés au sort pour participer à la convention citoyenne.. Convaincu de l’urgence écologique ((http://www.gds-ds.org/dev/dereglement-climatique-stopper-le-rechauffement/), Il y fut un des partisans de la réduction du temps de travail à 28h sans perte de salaire.

    Féru de mathématique, Pierre restera toujours pour moi celui qui à une heure avancée de la nuit débattit avec humour à la tribune d’un congrès de la LCR avec un autre prof de math, Jean Malifaud (1945-2026), sur l’importance du zéro…tout cela pour déterminer quelle tendance avait droit à un membre de plus ou de moins pour l’élection au Comité central (à la proportionnelle) !

    Je crois qu’une des dernières fois où j’ai rencontré Pierre, c’était lors de l’université des mouvements sociaux en 2021 qui s’est tenue à Nantes. Il venait de se faire opérer de la hanche, marchait donc avec difficulté. Cela ne l’avait pas empêché de sauter dans un train pour venir de Pau (sans avoir au préalable réservé d’hébergement ! ). Car Pierre, c’était d’abord et avant tout un militant ! Adieu camarade !

    Un hommage lui sera rendu ce samedi 9 mai à 10h00 au Funérarium de Pau, 2, rue Blanqui, suivi d’un pot à la salle Navarre du Parc des expositions.


  4. Contre les guerres de Trump, Poutine et Netanyahu

    Écrit le 6 mai 2026 par Éric Thouzeau

    Lors de la dernière AG départementale de L’APRÈS de Loire-Atlantique, j’ai fait une intervention sur la question de l’attitude à avoir vis-à-vis du développement des guerres en Europe et dans le monde entier, et vis-à-vis de la question de la relance de la course aux armements.

    En préalable une conviction qui est à la base de nos engagements : nous femmes et hommes de gauche sommes des artisans partisans de la paix et haïssons la guerre. 

    Aujourd’hui des citations sont souvent reprises actuellement. Par exemple « on croit mourir pour la patrie on meurt pour des industriels » (Anatole France) ou bien  « le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » (Jean Jaurès) ou bien encore « les guerres ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entretuent parce que d’autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d’accord » (Paul Valéry).

    Ces citations font souvent référence à la guerre de 1914, elles gardent une grande part de vérité mais elles aussi sont historiquement datées. 14-18, c’est un combat entre 2 impérialismes. Les socialistes de l’époque (au moins les ailes gauches des partis sociaux-démocrates) ont refusé cette guerre inter impérialiste. Ce positionnement était-il encore d’actualité au moment de la 2e guerre mondiale ? Est-ce qu’on pouvait mettre un trait d’égalité entre l’impérialisme nazi et les impérialismes anglais et américain ? Certainement pas ! En fait toutes les guerres ne sont pas identiques. Il est admis dans le droit international, et c’est tant mieux, qu’un peuple opprimé a le droit de se battre de résister y compris par la lutte armée (*).

    J’ai eu envie de revenir sur cette question moi qui suis syndiqué à la CGT après la lecture d’une résolution adoptée par l’union départementale CGT de Loire-Atlantique intitulée «Internationalisme et guerre à la guerre ». Ce texte se terminait par ces quelques lignes « nous réaffirmons que les guerres sont la souffrance des peuples pour des intérêts capitalistes et nous affirmons que la meilleure des protections la meilleure des défenses reste la solidarité entre les peuples et l’abolition du capitalisme qui utilise tous les moyens y compris la guerre pour ses seuls profits ». Cette conclusion est juste mais elle me semble trop générale pour répondre à des situations très concrètes. Bien sûr si nous renversions le capitalisme, de très nombreux conflits armés disparaîtraient. Mais dans ce texte de l’Union départementale CGT 44, à aucun moment il n’est fait mention de l’Ukraine. Est-ce que le peuple ukrainien, oui ou non, a le droit de se défendre alors qu’il subit l’agression de l’impérialisme russe et que les troupes de Poutine occupent 1/3 de ce pays qu’est l’Ukraine ? Je réponds oui bien sûr, alors que d’autres se contentent de dire « cessez-le-feu », faisant un trait d’égalité entre Zelensky et Poutine, entre le peuple ukrainien qui majoritairement résiste et l’impérialisme russe. 

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  5. Mourir au travail : le scandale !

    Écrit le 28 avril 2026 par Éric Thouzeau

    Le 28 avril, c’est la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail. Elle a été initiée en 2003, par le bureau international du travail (BIT). Il est temps d’en finir avec les morts ou les blessures graves au travail !

    Dans le monde, près de 380 millions d’accidents du travail par an sont dénombrés, entraînant absences, handicaps… Plus de trois millions de morts sont dus à des accidents du travail ou à des maladies professionnelles.

    En France, les accidents mortels augmentent. Plus de deux salarié·es meurent au travail chaque jour. À ces chiffres, il faut ajouter deux suicides quotidiens, en lien avec le travail. L’intersyndicale de l’inspection du travail dénonce « le scandale des maladies professionnelles, des PFAS, des pesticides, l’exposition aux produits d’entretien pour les femmes, mais aussi les suicides en recrudescence dans plusieurs grandes entreprises ou administrations, comme la SNCF, Orange ou aux finances publiques. »

    Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement touché·es avec 90 000 accidents du travail. Mourir à 15 ans, comme ce stagiaire en bac pro, ou à 22 ans, comme cet ouvrier intérimaire de 22 ans, happé par une machine à pâtes, devrait révolter un pays tout entier !

    La place des enfants est à l’école, des jeunes à l’université, pas dans des entreprises où iels sont surexploité·es, exposé·es à tous les dangers, victimes de surexploitation.

    L’inspection et la médecine du travail sont vitales. La baisse de leurs moyens figurent parmi les causes des accidents du travail, comme le recul qu’est la suppression des CHSCT dans le privé, puis dans la fonction publique.

    L’Après soutient le combat des syndicats de salarié·es pour construire un rapport de force sur les questions de santé et de sécurité, parce que rien n’obligera sinon le patronat et le gouvernement, lui aussi employeur, à
    changer les choses et à faire passer notre sécurité et notre santé avant les choix économiques et avant les profits.

    Manifestons nombreuses et nombreux le Premier Mai !