Je reproduis ici un article que j’ai écrit pour le numéro de septembre de Démocratie&Socialisme, la revue de L’Alliance pour la République et sociale (L’APRÈS).
Les études d’opinion confirment ce que tout syndicaliste sait : les rémunérations sont la préoccupation principale des salarié.es, et pour les retraité.es le montant des pensions. Les salaires sont toujours l’expression du rapport de forces entre Capital et Travail.
Depuis plus d’une trentaine d’années, le néo-libéralisme a imposé une pression permanente sur les salaires, pour permettre l’accroissement des profits. Près de 90 % de la population active1 est salariée. Le salaire net mensuel médian dans le secteur privé s’élève à 2 190 euros net pour un temps plein (Insee, 2024)2 : la moitié des femmes et des hommes en emploi à temps plein touchent moins, l’autre moitié davantage. 10 % des salariés à temps plein touchent moins de 1 500 euros net par mois.
La vérité des salaires
On entre dans le 1 % des plus hauts salaires à partir de 10 000 euros. Mais 90 % des salariés gagnent en réalité moins de 3 600 euros net par mois (sans correction de temps de travail, c’est-à-dire en incluant les temps partiels)3. Ce sont celles et ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre pour vivre, qui produisent les richesses, et qui n’en reçoivent pas la part qu’elles et ils méritent.
Les inégalités salariales concernent bien sûr l’écart entre les plus hauts salaires et les plus bas, mais aussi les écarts entre les hommes et les femmes. Les femmes touchent en moyenne 22 % de moins que les hommes. Cela s’explique par le fait qu’elles occupent 80 % des postes à temps partiel et subissent des interruptions de carrière liées à la parentalité. À temps de travail égal, l’écart baisse à 14 % de moins4.
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