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Salaires, emplois, impératif écologique et fiscalité

Écrit le 19 mai 2020 par Éric Thouzeau

C’est une évidence : c’est la France du SMIC qui a fait tourner le pays pendant le confinement : soignants, éboueurs, routiers, caissière, aides à domicile…Les premiers de corvée n’ont pas été les premiers de cordée tant vantés par Macron et sa bande. Se battre pour les salaires, contre les licenciements est l’urgence de l’heure. C’est possible tout en menant une « stratégie bas-carbone » et en prenant l’argent où il se trouve.

Augmenter les salaires : 300 euros pour toutes et tous !

Depuis plus d’un an, les personnels des hôpitaux ont réclamé des moyens et des effectifs, ainsi qu’une revalorisation salariale. Macron leur a répondu « prime et médaille ». Inacceptable ! Ils réclament une revalorisation de 300 euros par mois, et envisagent de repartir à l’action dès le mois de juin.

Il n’y a pas de meilleure méthode pour taxer le capital et pour réduire les inégalités que d’augmenter les salaires. Mais déjà le ministre le la Santé parle, pour les hospitaliers, d’assouplir les 35 heures si l’on veut mieux rémunérer les soignants. Là aussi, inacceptable !

Empêcher les licenciements

Des dizaines de milliers voire des centaines de milliers d’emplois sont aujourd’hui menacés. Toutes les situations ne sont pas identiques. Des entreprises en bonne santé (Publicis, Cap Gemini, Michelin, Bolloré…) ont eu recours au chômage partiel tout en continuant à verser des dividendes à leurs actionnaires. D’autres, notamment des artisans et des petites entreprises sous-traitantes, sont en difficulté. Les moyens de l’inspection du travail doivent être renforcés, pour contrôler et interdire tous les licenciements abusifs. Le gouvernement estime nécessaire des mesures exceptionnelles jusqu’en décembre 2020. Ce sont des mesures dérogatoires inacceptables au Code du Travail pour l’assouplir au profit des employeurs. Si des mesures exceptionnelles sont indispensables, c’est pour empêcher les licenciements : maintien du chômage partiel jusqu’en décembre dans toute entreprise réellement en difficulté ! Abrogation de la mesure que vient de faire voter Pénicaud qui précarise encore plus les CDD et les intérimaires.

Redémarrer tout en décarbonant

Comme l’appel « Plus jamais ça – Préparer le jour d’après » le notait, « l’enjeu n’est pas la relance d’une économie proprement insoutenable » mais de prioriser les investissements pour la transition écologique, et même de « désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides ». Comment accepter que des aides de l’Etat continuent à être prodiguées à de grands groupes sans contreparties sociales et écologiques ? Air-France est massivement aidé mais annonce des suppressions d’emploi, Renault est aidé et continue à relancer la fabrication de SUV… et envisage de fermer des sites.

Plutôt que licencier, il va falloir former pour aider aux reconversions indispensables à la transition écologique. Sans véritable planification écologique, l’objectif de neutralité carbone pour 2050 ne sera jamais atteint si on laisse le marché organiser l’économie.

Se doter des moyens d’action financiers

La BCE intervient massivement, certes pour sauver le système et non pour se porter au secours de la veuve et de  l’orphelin. Elle joue ainsi le rôle d’une banque centrale, sans trop (pour l’instant) se préoccuper si elle respecte ou non les traités.

Au plan national, il ne s’agit pas seulement de rétablir l’ISF, mais de le compléter par un impôt « pandémie » sur les plus riches. Et d’augmenter les droits des grosses successions, de taxer à 90% tout salaire ou revenu supérieur à 20 fois le SMIC. Une vraie réforme de l’impôt sur le revenu pour le rendre plus progressif en accroissant le nombre de tranches est tout aussi nécessaire. Cela doit s’accompagner d’un réel plan de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale.

Se rassembler pour se dépasser

Personne ne pense sérieusement que Macron va se « réinventer », et répondre aux exigences sociales et environnementales. Seule une convergence des forces (syndicales, associatives et politiques) se revendiquant d’une nécessaire transition sociale et écologique peut faire émerger les réponses à l’urgence de la situation.

Les formations politiques de la gauche et de l’écologie ont une responsabilité particulière : se rassembler pour pouvoir se dépasser et entraîner ainsi des millions de citoyennes et citoyens conscients de l’urgence d’en finir avec le tête à tête Macron-Le Pen.


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