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Pays de la Loire : portion congrue pour l’environnement ?

Écrit le 21 octobre 2016 par Éric Thouzeau

avatar-yerres-social-ecologie1Je suis intervenu lors de la session du Conseil régional sur la politique environnementale de la nouvelle majorité de droite. je reprends ici l’essentiel de mon propos.

La Région tourne au ralenti, c’est ce que nous n’arrêtons pas de dire depuis le début de cette session. Dans le domaine de l’environnement, c’est particulièrement criant. Oh, aucun discours de la majorité régionale ne semble remettre en cause la nécessité d’une politique régionale dans ce domaine. Les chiffres que vous présentez à cette session nous inquiètent pourtant.

La préservation des richesses naturelles répond à une urgence au même titre que la lutte contre le réchauffement climatique ou la protection de la qualité de l’eau. La préservation de la biodiversité avec un réseau de partenaires aux compétences reconnues était jusqu’à présent un élément important de la politique régionale. Dans le DOB, il n’en est nullement fait mention. Vous n’avez même pas fait semblant, c’est dire le peu d’importance que vous paraissez accorder à la politique environnementale.

L’action régionale en matière de préservation des espèces, de valorisation des milieux et de transmission des savoirs (l’éducation à l’environnement) ne semble plus une priorité. Pourtant la préservation de la biodiversité joue un rôle essentiel dans la qualité de vie des habitants de notre Région, l’attractivité sociale, culturelle et économique de notre territoire.

Les élus de droite en charge de la politique environnementale régionale deviendront-ils les messieurs « moins » de l’environnement ? Subiront-ils des arbitrages présidentiels particulièrement draconiens et peu soucieux de ce domaine d’intervention de  la Région ?  Le résultat est déjà là : une année 2016 qui rompt, dans le plus mauvais sens du terme, avec les années passées sans pour autant mettre en œuvre de politiques nouvelles.

La Région des Pays de la Loire accompagnait la mise en œuvre de projets pérennes d’études, de protection et de valorisation de la biodiversité. Ces projets, portés par les collectivités locales et le monde associatif, étaient financés dans le cadre de l’appel à projets biodiversité. Dans la DM2, il est indiqué que cet appel à projets n’est pas reconduit en 2016. Le sera-t-il en 2017 ? Vous avez répondu par l’affirmative en commission. Nous aimerions en avoir la confirmation en session plénière aujourd’hui.

Les contrats « nature » de restauration des continuités écologiques ont été décalés dans le temps est-il aussi noté dans la DM2. Là aussi il s’agit d’un ralentissement. Il s’agit de soutenir des territoires pilotes désireux d’intégrer la biodiversité dans leurs documents de planification mais également de définir et mettre en œuvre des projets de préservation de leur maillage écologique.

Appel à projet biodiversité non reconduit et contrats nature décalés, des dispositifs pourtant unanimement appréciés sur les territoires. Avec son langage policé, le CESER indique « la stratégie en matière d’environnement n’apparait pas suffisamment ».

Pourquoi vous, nouvelle majorité, ne vous êtes-vous pas appuyé sur le travail effectué toutes ces dernières années ? Pourquoi ne pas avoir fait confiance au monde associatif et aux collectivités déjà engagées et avoir fait tourner au ralenti la politique environnementale pendant plus d’un semestre ?  Pourquoi également un ralentissement de notre politique en termes d’aides aux artisans pour la réduction des déchets dangereux ? Un travail important a été réalisé ces dernières années en matière de pressings, mais il reste beaucoup à faire en ce qui concerne les garages automobiles.

« La biodiversité est une compétence régionale non remise en cause » nous a-t-on dit lors de la dernière commission sectorielle. Mais pour ce qui concerne le DOB 2017, il a été souligné dans la même réunion de commission « la volonté régionale est de réaliser des économies budgétaires importantes ». L’environnement sera-t-il sacrifié ? Ce serait une faute politique.

Un des élus de la droite régionale a déclaré hier que nul n’a le monopole de l’écologie. Soit ! En ce qui me concerne, je sais que si le socialisme dont je me réclame est fondé historiquement sur la reconnaissance d’un antagonisme entre le  Capital et le Travail, il y a aussi un antagonisme entre Capital et Environnement. Je pense qu’un nouveau modèle économique est nécessaire, organisant la production en fonction des besoins sociaux et des exigences de la protection de l’environnement. L’exemple des multinationales qui nous incitent à changer de smartphone tous les ans, tous les 6 mois pour leur permettre de retrouver une croissance à deux chiffres (et les profits qui vont avec)  : ce n’est pas un modèle économique socialement et écologiquement durable (*) !

On peut bien évidemment ne pas partager  mon positionnement liant écologie et socialisme. Mais, je m’adresse à nouveau aux élus de la droite régionale,  si vous voulez que l’on croie vos déclarations en faveur de l’environnement et de la transition énergétique, il vous faut poser des actes. Vous avez par exemple une responsabilité particulière sur le dossier de l’éolien terrestre qui suscite trop souvent des blocages locaux, qui sont parfois instrumentalisés localement par  certains de vos amis. Deux exemples récents de blocage : en pays d’Ancenis et dans le Saumurois. Allez-vous oui ou non intervenir publiquement et sans ambiguïté en faveur du développement de l’éolien terrestre notamment sur ces deux dossiers ? C’est que je vous demande au nom du groupe Socialiste, écologiste, radical et républicain.

(*) Voir l’article paru dans Ouest-France : Apple et Samsung ont besoin de vendre


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