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Pour vaincre Macron, unité à gauche !

Écrit le 9 novembre 2020 par Éric Thouzeau

Je reproduis ici un article que j’ai écrit, et qui est paru dans  le numéro d’octobre de Démocratie&Socialisme, la revue de la Gauche démocratique et sociale (GDS).

Deux convictions essentielles animent les militantes et les militants du réseau de la Gauche démocratique et sociale (GDS).

La première, c’est l’existence de classes sociales aux intérêts opposés. La lutte des classes, la bourgeoisie la mène en permanence contre la classe des salariés. La seconde conviction que nous avons chevillée au corps, c’est la nécessité de rassembler notre camp social dans les luttes comme dans les élections.

Dans la lutte des classes quotidienne, cette exigence recoupe la bataille pour l’unité d’action syndicale face à un patronat qui sait se rassembler sur les questions essentielles, généralement sous la houlette du Medef.

Se rassembler sur un contenu

Les partis de droite (LR, LREM, Modem, UDI, RN) sont les porte-paroles au plan politique des intérêts de la classe dominante. La gauche s’est constituée, dans la durée, dans le combat contre les méfaits du capitalisme. La gauche, même de façon parfois très déformée, est l’expression des intérêts du salariat. Les écologistes ont très majoritairement choisi le camp de la gauche, tant c’est bien le capitalisme qui est facteur d’agressions contre la planète. Hollande a trahi la gauche en priorisant une politique pro-business et en attaquant le droit du travail (loi El Khomri). C’est la gauche qui a donc été trahie sous son quinquennat.

Le combat pour le rassemblement est essentiel pour accroître le rapport de force de notre camp face à la bourgeoisie, mais le contenu de l’unité est évidemment essentiel. Il ne peut se faire sur un programme qui bafoue les intérêts immédiats des salariés en activité, à la retraite, privés d’emploi ou en formation !

Différents courants de pensée ont toujours existé à gauche. Cela reflète notamment la diversité des situations vécues par le salariat, qui n’est pas plus homogène que la classe ouvrière du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. La gauche est morcelée en plus d’une quinzaine de partis. Suite au bilan catastrophique de la politique de Hollande, aucun n’est aujourd’hui en position hégémonique. La bataille pour son rassemblement est d’autant plus nécessaire ; sinon, la gauche risque de rester spectatrice des combats au sein du seul camp bourgeois, comme ce fut le cas en 2002 et en 2017.

Construire une plateforme commune

En soutien aux luttes des cheminots, en défense du service public, ou contre la privatisation d’ADP par exemple, les partis de la gauche sociale et écologiste arrivent le plus souvent à travailler ensemble. Et c’est tant mieux ! Un comité de liaison permanent de la gauche et des écologistes devrait donc être possible. Il aurait peut-être permis de répondre collectivement aux sollicitations du collectif d’associations et syndicats « Plus jamais ça ».

Nous regrettons qu’ensemble, nous n’ayons pas réussi à le faire. C’est assez révélateur d’une situation où les partis se sont affaiblis : ce sont des associations et syndicats (CGT, Solidaires, FSU, Attac, Greenpeace, Oxfam…) qui ont été capables de produire un plan de sortie de crise avec 34 propositions qui forment un socle essentiel pour toutes celles et tous ceux qui luttent pour une véritable transformation sociale. Réunir les partis politiques, ce n’est pas seulement aligner des logos. C’est aussi enclencher une dynamique qui donne et redonne confiance à nombre de citoyens qui se détournent de la politique, tant la gauche semble actuellement incapable de s’entendre. Rassembler les partis, oui ; mais pour les dépasser évidemment !

La Ve République a imposé la prédominance de l’élection présidentielle. Malheureusement, la gauche s’y est majoritairement adaptée. Le débat de savoir quel est le « meilleur » candidat prend le pas sur la question du contenu du rassemblement. Pour rompre avec cette tendance mortifère, nous mettons en avant la nécessité de s’atteler sans plus tarder à la construction d’une plateforme commune à gauche.

Une plateforme d’abord pour répondre aux questions de l’heure, celles liées à la crise sanitaire et à ses conséquences sociales dramatiques : montée de la pauvreté, fermetures d’entreprises. La lutte contre les licenciements, pour la hausse des salaires et des minima sociaux devient, dans ce contexte, centrale. Cette plateforme serait aussi un point d’appui essentiel pour arriver à une candidature commune en 2022. On pourrait enfin discuter du contenu et du casting ! L’examen attentif des propositions des différents partis de gauche montre de grandes convergences dans les propositions. Le tableau que nous avons publié et actualisé à ce sujet est éclairant : au moins 80 % des propositions des uns et des autres sont quasiment les mêmes1. Et nous ne pourrions pas construire une plateforme commune ?

Pour un mouvement citoyen

De nombreux appels à l’unité ont circulé depuis quelques années. Ils peinent tous jusqu’à présent à enclencher une dynamique. Il faut persévérer. C’est pourquoi nous avons participé récemment au lancement de l’Appel des 1 000 « pour une candidature commune écologique sociale et démocratique en 2022 »2. Son écho montre que nombre de militants associatifs, syndicaux et politiques ne se résignent pas au morcellement actuel de la gauche. L’appel à des collectifs unitaires, le nombre de signataires et leur diversité peuvent permettre d’enclencher cette dynamique et envisager un rassemblement national.

Une dynamique citoyenne est nécessaire pour faire bouger les « appareils » des partis et les candidats potentiels. En appeler à une mobilisation de « ceux d’en bas » est indispensable si l’on croit vraiment à la construction d’une autre République : sociale, écologique, féministe, laïque, internationaliste et pacifique. On doit dès à présent préfigurer les nouveaux pouvoirs locaux, embryon d’une nouvelle démocratie directe et participative. C’est aussi un enjeu majeur.

Unité d’action !

Il va de soi que l’unité que nous appelons de nos vœux n’est pas l’unité de pensée mais l’unité d’action. L’unité sur un contenu. On peut « marcher séparément»  mais «frapper ensemble ». Et, à notre sens, le Comité de liaison permanent de la gauche et des écologistes que nous appelons de nos vœux pourrait être l’instance d’échange d’information, de discussion et de décision à même d’incarner cette unité d’action contre les sales coups de Macron et en vue de la rédaction d’une plateforme commune.

Car nous ne distinguons pas le combat contre les attaques néolibérales du pouvoir et contre Macron lui-même de la bataille politique centrale de 2022. La masse des salariés touchés par le chômage de masse, par les retombées sociales dramatiques de la crise sanitaire, par la pauvreté grandissante et par les atteintes aux droits des chômeurs ou encore des retraités ne peuvent pas attendre encore un an et demi. C’est tout de suite qu’il faut se rassembler, dans l’action, dans l’opposition frontale à la politique mortifère de Macron. Dans cette lutte aux coude-à-coude, avec les salarié.e.s, naîtra comme naturellement cette plateforme partagée à même de déboucher sur la désignation d’une candidat commune ou d’un candidat commun en 2022.

  1. Tableau comparatif des propositions à gauche http://www.gds-ds.org/tableau-comparatif-des-propositions-a-gauche.
  2. Pétition consultable sur le site de la GDS (http://www.gds-ds.org/appel-pour-une-candidature-commune-en-2022) et à signer à l’adresse suivante ! https://2022encommun.wesign.it/fr.

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