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Tirer les leçons d’un nouveau désastre électoral

Écrit le 26 mai 2014 par Éric Thouzeau

sans-titreDimanche 25 mai : une bien triste soirée électorale avec des relents de 21 avril 2002. On s’y attendait, mais cela fait toujours mal. Cette amplification de la claque des municipales est un nouveau désaveu, exprimé par notre électorat, à l’égard de la politique menée par la gauche au pouvoir. On est loin, très loin, des espoirs soulevés par notre campagne de 2012. La nomination de Valls au poste de Premier ministre n’y a rien fait ; au contraire, elle était un contresens total par rapport à ce qu’exprimaient les urnes.

Le salariat, cette classe sociale majoritaire dans notre pays, exprime des attentes sociales fortes (emploi, salaires). Le gouvernement prétend y répondre avec l’objectif absurde d’atteindre les 3% de déficit public fin 2015 ; objectif qui plonge le pays dans la quasi-récession. Comment gagner une élection quand on dit combattre l’austérité en Europe alors que l’on s’y soumet dans le même temps en France ?

Crise sociale, économique et politique

On sent bien, qu’au plus haut niveau de l’État, il existe une tentation : la fuite en avant. En allant encore plus loin dans la politique de l’offre (toujours plus aux entreprises, quelle que soit leur taille et sans réelle contrepartie). En bouleversant l’organisation territoriale, l’un des objectifs de cette réforme étant en fait de cacher les baisses des dotations de l’État aux collectivités locales.

À la crise économique ; à la crise sociale qui existe, sans pour autant que ne soit trouvés de débouchés en termes de luttes sociales ; pourrait s’ajouter une crise politique. Certes, les institutions anti-démocratiques de la 5ème République peuvent, un temps encore, « protéger » le Président ; d’autant que l’UMP est en crise du fait des pressions du FN sur son électorat. Mais les nuages noirs s’amoncellent.

Changer de politique.

Vite, il faut une perspective à gauche ! Les 41 députés socialistes qui ont refusé le plan Valls, et tous ceux qui, au Parti Socialiste, refusent l’impasse actuelle, ont une grosse responsabilité pour que renaisse l’espoir à gauche. Un changement de politique est nécessaire. Il n’est jamais trop tard, même si le Front National semble s’enraciner.

La partie de l’électorat de gauche qui s’abstient pour manifester son désaccord ; ceux qui, par un geste de colère, votent malheureusement pour l’extrême-droite ; ils peuvent à nouveau se tourner vers la gauche. Mais si, et seulement si, celle-ci remet la justice sociale au cœur de son action. Et si, pour cela, elle affronte le véritable problème : celui de la domination exercée par la finance. En respectant les diversités de la gauche, un nouveau pacte majoritaire doit être recherché, en s’appuyant sur la majorité PS-EELV-FdG qui existe au Parlement. Le rassemblement de la gauche sera alors à nouveau possible.

 


8 Comments »

  1. redcloud dit :

    Le réveil Ou sinon ça va Péter….!!!!!!!Le Premier ministre, suite à la débâcle électorale, a fait un discours avec le ton des heures graves pour la République. La situation en effet l’exige : au lendemain d’une claque historique pour la gauche, le premier ministre ne pouvait pas faire moins. Le seul problème est qu’il y avait le ton … mais au fond rien d’autre ou pas grand-chose.

    S’il y a une chose criante, évidente, massive qui ressort de ce scrutin c’est la demande presque désespérée de changement, au niveau européen comme national, qu’elle s’exprime par le vote ou son absence.

    Alors Monsieur le Premier Ministre : la réponse qui consiste à vouloir baisser l’impôt sur le revenu apparaît d’une fadeur coupable par rapport à l’enjeu. D’autant que ceux qui ont voté FN sont en grande partie ouvriers, jeunes actifs ou chômeurs…. Ni les uns ni les autres ne payent d’impôts sur le revenu.

    Messieurs le Premier ministre et Président, par pitié, entendez le besoin de changement: d’ambition européenne, de politique économique, fiscale, d’institutions, de personnel politique, de manière de fonctionner.

    Sortons des sentiers battus et des politiques économiques en échec depuis des décennies.
    Arrêtons cette politique suicidaire qui consiste à ne gérer qu’un déficit et non la mise en place d’un projet de société. Les citoyens réclament haut et fort le retour de l’imagination au pouvoir : lançons la transition écologique, de grands projets européens, choisissons une économie au service des populations et des territoires, ré-instaurons une politique de classe au profit des plus démunis, des plus faibles, engageons la 6eme République.

    Julien Bayou, Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux
    !http://eelv.fr/2014/05/26/francois-hollande-et-manuel-valls-a-cote-de-la-plaque-la-france-a-besoin-dun-sursaut-pas-de-mesurettes/

  2. Alain Guillou dit :

    si Valls n’est pas démissionné, alors, ce sont les brebis dociles qui doivent démissionner: que les militants rallient enfin l’espoir à gauche! on attend un PSU dans le prochain Front populaire!
    C’est pas en 1946 qu’il fallait rejoindre la Résistance…
    Nous sommes en 42!

  3. Fradet gerard dit :

    OK Eric , mais encore faudrait il que le PS reprenne le débat politique .Quand je lis la déclaration du premier fd , j’en doute et pense malheureusement que le PS , se qui en reste , avec des militantes et militants qui sont rincés , est une machine , défectueuse , électorale.
    alors !proposer à ces militants de préparer les prochaines élections
    sans remise en cause politique, sans débats politiques, sans programme, a part le gains de sièges , sans Union de la gauche , même si c’est difficile , bref c’est se moquer de ces militant et des electeurs du PS

  4. redcloud dit :

    J’ai trouvé un Socialiste qui à compris :
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5963

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