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Une exigence : la hausse des salaires, des pensions et des minima sociaux

Écrit le 18 avril 2019 par Éric Thouzeau

Macron devait s’exprimer cette semaine. Du fait de l’incendie de Notre Dame, l’allocution a été reportée mais son contenu a largement fuité dans la presse. Si les fuites sont exactes, les annonces prévues ne répondent pas aux revendications mises en avant depuis 5 mois par les gilets jaunes et les syndicats.

L’injustice fiscale, avec l’évasion fiscale et l’optimisation fiscale, est une des raisons majeures de l’actuelle révolte sociale. Macron avait même promis en décembre  que « les dirigeants des grandes entreprises françaises payent leurs impôts en France ». Rien de neuf à priori de ce côté-là, sinon une demande à la Cour des Comptes d’évaluer le coût de l’évasion fiscale ! Dans ce contexte, l’empressement des grandes fortunes françaises (mais le plus souvent résidents fiscaux hors de France) à annoncer des dons pour reconstruire la cathédrale de Paris s’est retourné contre eux et a suscité, à juste titre, polémique.

De l’argent il y en a

Tous ces milliardaires ont montré qu’il y avait de l’argent contrairement à ce que leur ami Macron prétend. Mais chacun sait que les associations de lutte contre la pauvreté font face à une baisse des dons, et que pour les augmentations de salaire, on nous répond toujours que c’est impossible. Il y a quelques mois la Cour des comptes a sévèrement jugé le mécénat d’entreprise critiquant l’absence de contrôle de l’Etat, et se demandait si « l’intérêt général reste la caractéristique majeure de l’engagement des mécènes » face à la poursuite d’intérêts plus particuliers. En effet !

La  réindexation sur l’inflation des prestations sociales restera  limitée aux seules pensions inférieures à 2 000 euros. Pour les autres retraités, comme pour les autres prestations sociales, telles que les aides personnalisées au logement (APL), la revalorisation sera limitée à 0,3 % (pour une inflation de 4 à 6 fois supérieure) (2). La baisse des dépenses publiques réaffirmées par Edouard Philippe, la suppression de 120 000 fonctionnaires sont malheureusement toujours d’actualité. Quant à une possibilité élargie de référendum que devait annoncer Macron, comment y croire alors que le gouvernement refuse la demande de référendum à propos de la scandaleuse privatisation d’ADP ? Au même moment, un projet de démantèlement d’EDF est aussi à l’étude ! (3)

Macron doit céder

Les quelques concessions apparentes (moratoire envisagé sur la fermeture des hôpitaux et des écoles, proportionnelle aux législatives) ne font pas le poids face à une orientation maintenue qui épargne les plus riches, et entend poursuivre l’adaptation à marches forcées de notre pays au néo-libéralisme.

Augmentation des salaires (300 euros pour toutes et tous), hausse des pensions et des minimas sociaux : voilà les revendications. Pour les satisfaire, il faut  baisser les dividendes, rétablir l’ISF et lutter réellement contre l’évasion fiscale. Par nos mobilisations, et la convergence de toutes les luttes en cours, nous devons mettre Macron en échec. Le faire reculer ou l’acculer à partir !

(1) Mécénat : la Cour des comptes critique l’absence de contrôle de l’Etat Nicole Vulser Le Monde 28/11/2018

(2) « Grand débat : Macron rate son effet » Romaric Godin et Ellen Salvi Mediapart du 16/04/2019

 (3) Les pistes du gouvernement pour découper EDF Nabil Wakim Le Monde 15/04/2019


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