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Vaccins, médicaments : des biens communs universels

Écrit le 19 janvier 2021 par Éric Thouzeau

Combattre la pandémie par la vaccination est un des moyens essentiels pour atteindre l’immunité collective. Mobiliser toutes les capacités de production de vaccins est essentiel, en France, en Europe et dans le monde entier. Car la situation est encore plus dramatique dans ceux des pays africains touchés par l’épidémie, les pays riches ayant préempté une grande partie des doses de vaccin.

Il est essentiel que les vaccins et  les médicaments deviennent des biens communs de l’humanité. Face à la Covid-19, « tout le monde mérite protection » comme le proclame une initiative citoyenne européenne. Cette coalition de syndicats de travailleurs, d’ONG, d’associations, de partis politiques a lancé une pétition très justement intitulée « Pas de profit sur la pandémie ».

Lever la propriété intellectuelle sur les vaccins

Sanofi a pris du retard sur son vaccin. Prévu au premier semestre, il ne sera prêt que fin 2021. D’ici là, Sanofi pourrait-il produire du vaccin Pfizer ? Cela pose notamment la question du respect de la « propriété intellectuelle » et donc du brevet. Longtemps les grands groupes pharmaceutiques ont freiné le développement des génériques, médicaments dont le brevet est tombé dans le domaine public. La suppression de la propriété intellectuelle sur les vaccins liés au coronavirus serait indispensable tant que l’immunité mondiale n’est pas atteinte. Cette demande d’une centaine de pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été refusée par plusieurs pays riches, dont l’Union européenne (UE) !

Des multinationales contre l’intérêt général

En juin 2020, Sanofi a annoncé la suppression de 1700 emplois en Europe dont 1000 en France. On le sait aujourd’hui, c’est notamment 400 postes de chercheurs qui disparaissent et la fermeture d’un site de recherche sur les quatre qui restaient (en 2017, il y en avait 11). Malgré l’argent public, les crédits d’impôt recherche et emploi compétitivité, Sanofi a déjà détruit 5000 emplois ces douze dernières années. En 2019, Sanofi a pourtant distribué 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires (4% de son chiffre d’affaires). La distribution d’argent public doit supposer un contrôle public !

Renforcer les politiques publiques

Nul ne conteste aujourd’hui la nécessité de l’intervention de l’Etat dans cette crise, pas même ceux qui ont passé leur temps à dénigrer et affaiblir les politiques publiques ces trente dernières années. Les ratés à chaque étape de la pandémie (masques, tests, vaccins) montrent le besoin de renforcer et réorganiser la puissance publique autour de ses missions, et non de produire une technostructure obsédée par le baisse des coûts et le transfert au privé de pans entiers de l’action publique. Dans le domaine de la Santé, il y a urgence : redonner des moyens à l’hôpital public, se doter d’un vrai plan de lutte contre les déserts médicaux, recréer un vrai service de santé scolaire quasi-inexistant aujourd’hui, renforcer la politique de santé au travail  en pleine régression.

Plusieurs décennies de néo-libéralisme, forme dominante du capitalisme contemporain, ont entraîné un recul de l’intervention publique au profit des lois du marché. Les temps changent : le 14 janvier, le rapporteur public a invité le tribunal à reconnaître la « carence fautive » de l’Etat dans l’Affaire du siècle, du nom de la pétition initiée par quatre associations pour dénoncer l’inaction climatique de l’Etat. Oui, les citoyen.ne.s, oui les salarié.e.s veulent des politiques publiques protectrices.

C’est à la gauche de répondre à cette aspiration. Il n’est que temps d’ouvrir le débat débouchant sur un programme avec des mesures d’urgence et une proposition d’un contrat commun de législature.

 

 


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