A l’occasion des 50 ans du PS jurassien, mon ami et camarade suisse Jean-Claude Rennwald a rassemblé différents textes dans un livre : « PS jurassien, 50 ans au service de la solidarité ». Malgré des réalités nationales différentes, nous lirons avec intérêt cette histoire d’un parti de la gauche européenne. Article paru dans le numéro de juillet-août 2025 de la revue de L’APRÈS.
Journaliste, politologue, ancien dirigeant syndical et ancien député socialiste au Conseil national (parlement suisse), Jean-Claude Rennwald est un contributeur régulier de notre revue. C’est aussi un aussi bon connaisseur de la vie politique et sociale de la France que de son pays. Nous avons rendu compte de plusieurs de ses livres, dont celui sur la semaine de 4 jours.

Mise en avant de la question jurassienne…
Au cours du XIXè siècle, le Jura a réussi à conserver sa langue et sa culture française malgré le centralisme bernois. Si un Parti socialiste jurassien existait au début du 20 ème siècle dans le cadre du canton de Berne, c’est en mai 1975 que le nouveau Parti socialiste jurassien (PSJ), totalement autonome, est créé. La question jurassienne est l’objet d’un des chapitres du livre. C’est une histoire méconnue en France.
Très tôt en Suisse, des socialistes ont milité pour une autonomie du Jura. En 1974, un « comité d’action socialiste pour l’autonomie et l’unité du Jura » apparaît avec pour objectif la création d’un nouveau canton. C’est ce qui amena à la fondation du PSJ, et la fin des relations officielles avec le PS bernois. Cela aboutira à la création d’un nouveau canton de la Confédération helvétique, dénommé officiellement « la République et Canton du Jura », situé au nord-ouest de la Suisse, bordé par le Haut-Rhin, le Territoire de Belfort et le Doubs.
Question nationale et question sociale, un vieux débat récurrent au sein du mouvement ouvrier et de la gauche. Il a entraîné des débats parmi les socialistes suisses. Jean-Claude Rennwald et ses amis ont fait le choix dans les années 70 de cette autonomie jurassienne. Mais petit à petit « le clivage de classe (gauche-droite) s’est progressivement substitué à l’antagonisme entre autonomistes et anti-séparatistes ».
…sans oublier la question sociale
En 1975, lors de sa fondation, le PSJ adopte une déclaration fondamentale qui stipule « le PSJ entend insérer son action dans une stratégie de rupture avec le capitalisme ». Aujourd’hui première force politique du Jura sur le plan fédéral, le PSJ recueille entre 18 et 22% des suffrages au parlement jurassien. Le PSJ participe activement à des initiatives (lors de référendums) par exemple en 2013 « un Jura aux salaires décents », ou en 2021 en soutenant l’initiative syndicale « Egalité salariale, concrétisons ». C’est dans le Jura, que l’initiative syndicale en faveur « d’une 13e rente AVS (*) » fait le meilleur score. Comme la plupart des PS de Suisse romande, le PS jurassien est proche des syndicats, ce qui est moins le cas en Suisse alémanique.
Lire la suite…
