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Débattre d’abord de l’inventaire et de l’orientation

Écrit le 19 septembre 2017 par Éric Thouzeau

Depuis le dernier congrès du PS, nous avons obtenu la publication d’une tribune dans chaque numéro du journal du PS44 qui est adressé à tous les adhérents socialistes de Loire-Atlantique. Ce mois-ci, la majorité souhaitait qu’il y ait une tribune commune à toutes les motions pour s’adresser ensemble aux militants sur le thème de la refondation du PS. Nous avons refusé. L’unanimisme serait la plus mauvaise des attitudes après toutes les déroutes électorales subies par le PS. Sans débat de fond sur la ligne politique d’une direction responsable de la crise actuelle, il n’y aura pas de reconstruction réellement possible. Je reproduis ci-dessous la tribune de la gauche du PS44 de ce mois-ci.

Pourquoi le Parti n’a-t-il pas consulté les militants lorsque le gouvernement Hollande a décidé le CICE (sans contrepartie) ou la loi El Khomri ? Ces deux mesures n’étaient pas dans le programme de 2012 et elles ont, avec la déchéance de nationalité, entraîné une coupure profonde avec l’électorat de gauche. Aujourd’hui oui, il est plus que temps de donner la parole aux militants et aux sympathisants.

Le 28 septembre, un questionnaire est soumis à notre vote avec 13 questions ! Aucune sur le bilan et sur les raisons de l’échec du quinquennat ! A quoi cela rime-t-il ? La soi-disant « direction collégiale provisoire » entend-elle une fois de plus noyer le poisson ? Débattre, oui mais si c’est pour que l’on ne traite pas des questions fondamentales d’orientation, pas d’accord !

Pourquoi vouloir engager une « refondation » en commençant par une Convention statutaire ? Est-ce la faute de nos statuts si le gouvernement a mené une politique qui s’est éloignée de notre programme et des engagements du candidat Hollande ? Ou est-ce le choix politique de mettre Valls premier ministre et Macron ministre de l’économie ? La politique « pro-entreprise » menée a été celle demandée par le Medef, que le gouvernement Macron-Philippe-Pénicaud poursuit et aggrave. Sans un congrès de clarification, notre Parti risque de ne pas survivre, ou alors comme un parti-croupion.

Le gouvernement actuel mène une politique de droite. Nul ne peut s’en étonner. Ce qui est ahurissant c’est que certains de nos candidats aux législatives aient refusé de dire s’ils étaient ou non dans l’opposition à Macron, certains ont fait campagne sous l’étiquette « majorité présidentielle » ! On commence un débat de « refondation » sans tirer le bilan de ces errements, ou celui de la campagne présidentielle largement sabotée par nombre de « caciques » du Parti ?  Les mêmes qui sont responsables de nos échecs à toutes les élections après 2012 entendent-ils à nouveau diriger le Parti ?

Le PS entend s’opposer à la politique du gouvernement. Parfait ! Mais quelles alliances entendons-nous tisser pour construire une opposition de gauche forte ? Notre stratégie est-elle toujours celle du rassemblement de la gauche : oui ou non ? Voilà une question qui devrait être débattue, et sur laquelle le questionnaire du 28 septembre est silencieux. Une refondation du PS, oui  mais avec un bilan collectif du quinquennat, dans la clarté, et sans concessions au pouvoir actuel.


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