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Face aux attaques de Macron, se rassembler à gauche

Écrit le 27 septembre 2017 par Éric Thouzeau

Macron vient de connaître sa première claque électorale. Certes, pour l’essentiel, ce ne sont que les élus locaux qui ont voté aux sénatoriales, mais ils reflètent bien ce qui se passe dans le pays : la macromania est finie, la nature de droite de la politique menée par l’exécutif apparaît clairement. D’ailleurs, le seul secteur de l’opinion où la popularité de Macron progresse, c’est l’électorat de droite, Chez les ouvriers et les employés, le rejet de Macron est de plus en plus fort.

Un gouvernement qui attaque tous azimuts

Les ordonnances sur le Code du travail sont totalement en faveur du patronat. Macron s’empresse de les signer dans une mise en scène digne de l’Ancien régime. Il envoie la police pour casser la grève des routiers. Une réponse unitaire intersyndicale est plus que jamais nécessaire. C’est possible le 10 octobre dans la Fonction publique, ou chez les retraités, cela doit l’être au plan interprofessionnel. Même la CFE-CGC « appelle à un mouvement unitaire » !

Forfait hospitalier en hausse, augmentation de la CSG, logement social mis au régime sec, baisse massive et brutale des emplois aidés : les attaques se multiplient. L’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) transformé en Impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) rapportera au minimum 3,5 milliards de moins ! La Prélèvement fiscal unique (PFU souvent appelé flat tax) profitera largement aux personnes à hauts revenus. L’étatisation de la sécurité sociale se précise avec la suppression annoncée des cotisations sociales chômage et santé. Ce que les patrons paient sera transféré sur l’impôt des particuliers. Une remise en cause totale de la protection sociale depuis 1945 !

Le manque criant de places dans les facs après la baisse des APL, tout cela montre le peu de considération de l’exécutif pour la jeunesse. Le ministre de l’éducation préfère « satisfaire quelques bas instincts d’une clientèle politique » pour reprendre les propos du Président démissionnaire du Conseil des programmes. Obtenir le soutien des plus réactionnaires contre une école démocratisée, pour une école faite pour la seule réussite des « élites » et de leurs enfants.

Les effets négatifs de la baisse des dépenses publiques ne sera pas contrecarrée par un pseudo « grand plan d’investissement » fort peu ambitieux. D’autant que l’essentiel des actions de ce plan est un redéploiement de moyens déjà prévus notamment en ce qui concerne le soutien à la rénovation des bâtiments.  Ce plan d’investissement n’est pas un plan de relance. Et toujours pas de politique industrielle. Et Siemens avale Alstom !

On peut aussi citer les déclarations contradictoires sur le glyphosate, avec un gouvernement à l’écoute de la FNSEA. Il y  a aussi la suppression bien réelle d’aides aux agriculteurs bio…et une « application provisoire » du CETA (l’accord de libre-échange avec le Canada) le 21 septembre pourtant incompatible avec la Cop 21 : hausse des émissions des gaz à effet de serre due à une hausse des échanges de 20 à 25%) et aucun engagement contraignant sur les normes environnementales.

Plus que jamais rassembler à gauche

La crise du PS n’en finit plus … on aurait pu penser que les socialistes fassent le bilan des 5 dernières années. Au lieu de cela ils sont appelés à voter pour qu’une convention puisse modifier les statuts avant le vrai congrès. Et avant même cette modification à venir, le débat le plus important qui semble occuper sa direction nationale c’est celui du remplacement de Cambadelis. Ceux qui ont amené le PS à la défaite veulent à tout prix en garder le contrôle quel que soit le prix à payer en perte d’adhérents ! C’est pathétique ! Pas sûr que les militants socialistes, nombreux à vouloir une gauche socialiste vraiment de gauche et pleinement unitaire, participent massivement à ce vote du 28 septembre.

Les convergences à gauche commencent néanmoins à se manifester. Des appels communs ont été publiés pour appeler au 12 septembre par exemple. Les manifestations contre les ordonnances témoignent d’une volonté d’unité. Un appel national à travailler ensemble se propose de constituer un comité de liaison ouvert et pluraliste. Des contacts unitaires pour aller dans ce sens sont en cours en Loire-Atlantique.

L’enjeu, c’est que dans tout le pays, dans les villes, les entreprises, les territoires une dynamique unitaire naisse et s’élargisse. Tant au plan du mouvement social que sur le débouché politique. C’est la condition pour qu’une alternative majoritaire s’affirme face à Macron.

 


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