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Le besoin d’une gauche démocratique, sociale et écologique

Écrit le 2 février 2017 par Éric Thouzeau

Rouge-Rose-Vert

Les électeurs de gauche se sont clairement exprimés : ils veulent une politique de gauche. Tout ce qui de positif a pu être fait a été noyé par le CICE, la déchéance de nationalité, la loi El Khomri…

La politique « social-libérale », nous l’avions dit été répété, a toujours été minoritaire à gauche. Les partisans de Manuel Valls aimeraient bien que cette leçon de la primaire citoyenne soit vite oubliée. Et, certains d’entre eux osent même demander à Benoît Hamon de changer son orientation pour « rassembler la famille socialiste ». Serait-ce aux perdants (de la primaire) de dicter leurs conditions à celui qui a été désigné par plus d’un million deux cent mille électeurs ?

Benoît, Yannick, Jean-Luc, Pierre

Autre idée qui circule, il faudrait d’abord rassembler les socialistes avant de rassembler la gauche. Rappelons au passage, que c’est la politique menée par Manuel Valls et Emmanuel Macron qui a profondément divisé le Parti socialiste. S’il reste une force organisée importante le PS a perdu des adhérents et des sympathisants ces dernières années. Nous devons surtout émettre un message d’unité et de rassemblement de la gauche. C’est pourquoi Benoît Hamon a raison de proposer à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon d’engager les discussions pour « créer une majorité gouvernementale » car s’il y a des différences, « les idées que l’on partage sont si nombreuses ».

Nous l’avons dit et répété pendant toute l’année 2016, il ne faut pas faire l’impasse sur la présidentielle de 2017 et se résigner à un duel droite-extrême droite. Les idées de gauche sont toujours majoritaires dans notre pays. On l’a bien vu, par exemple, quand François Fillon a expliqué son vrai projet concernant une sécurité sociale réduite « aux affections graves et de longue durée ». La pétition du professeur Grimaldi, en défense de la Sécu, a été immédiatement un succès…et Fillon a commencé à reculer.

Des réactionnaires minoritaires

Le Pénélopegate est sans doute en train de conduire à l’élimination du candidat LR, mais c’est aussi que son projet n’a pas de majorité dans ce pays. De même quand Bruno Retailleau rêve d’une jeunesse portant l’uniforme (1), qui peut croire que cela rend compte des aspirations de la jeunesse ? C’est à peu près les mêmes fantasmes que le port de l’uniforme à l’école. Retour à l’avant 1968 ? Même pas, car il n’y a jamais eu d’uniforme dans les écoles publiques de France. Les réactionnaires, ceux qui cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire, ont en plus aujourd’hui l’outrecuidance d’expliquer publiquement leur engagement politique par des valeurs morales inspirées de leur religion. Déjà en son temps, Molière dénonçait les hypocrites, les imposteurs…les tartuffes (2).

Macron ou le soi-disant progressisme

Pendant ce temps, Emmanuel Macron cherche à passer entre les gouttes de l’orage. Pourtant, même « jeune », il n’a rien d’un homme neuf. Il est co-responsable de la politique économique de tout le quinquennat de François Hollande, d’abord au secrétariat général de l’Elysée puis au ministère de l’Economie. Si François Hollande n’a pas pu se présenter et Valls a été remercié, pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas à Macron ?

L’étiquette « progressiste » dont Emmanuel Macron aime s’affubler ne doit pas faire illusion. N’est-ce pas lui qui s’adressant, à un public britannique, a vanté les réformes faites dans les années 80 (c’était sous Thatcher !) et regretté que la France les aient refusées.  Il retarde le plus possible la sortie de son programme de peur de ne plus apparaître « ni de droite ni de gauche ». Il annonce déjà la réduction de l’ISF de moitié (alors que l’on sait aujourd’hui que les grandes fortunes négocient le montant de leur ISF) ! Il prône une durée du travail négociée au niveau des entreprises (comme la  loi El Khomri, qu’heureusement Benoît Hamon veut abroger). Il promet la fin du financement de la protection sociale par les cotisations salariales, vieille revendication du patronat qui ne veut plus s’occuper de la santé et de la retraite des salariés.

Une campagne citoyenne de terrain

Avec la désignation de Benoît Hamon, l’idée qu’un autre monde est nécessaire et possible revient en force, et c’est tant mieux. « Mon option politique ne vend pas du rêve, elle propose de la justice » a-t-il déclaré à juste titre lors du débat télévisé avec Manuel Valls. En effet, comme le disait Jaurès, il faut « aller à l’idéal en passant par le réel ». Et cela nécessite d’abord de réussir la présidentielle. La gauche peut gagner, elle doit se rassembler…et le PS doit montrer des signes qu’il a compris la leçon de la primaire (dont l’abrogation de la loi El Khomri par exemple).

La campagne qui commence doit permettre à tous les électeurs de gauche d’être associés. Des comités de soutien citoyen sur le terrain doivent être constitués, ouverts largement à toutes les sensibilités de la gauche et de l’écologie. C’est dans ce cadre politique du rassemblement que la question des législatives devra être abordée si l’on veut vraiment une majorité parlementaire rose-rouge-verte et un gouvernement qui en soit issu.

(1)   Lors de ses voeux à la Région, pour mettre en avant le bénévolat Bruno Retailleau a fait intervenir 5 jeunes tous porteurs d’un uniforme (pompier, policier, gendarme,…). De nombreux jeunes s’engagent dans le mouvement associatif et pas seulement là où un uniforme est nécessaire. Pourquoi n’avoir demandé qu’à des jeunes revêtus de leur uniforme de témoigner ?

(2) «Tartuffe ou l’Imposteur », pièce de Molière dont la première version a été présentée sous le titre « Tartuffe ou l’Hypocrite ».


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