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Reconstruire l’unité d’action à gauche

Écrit le 24 octobre 2018 par Éric Thouzeau

Si chacun salue l’héroïsme et donc l’exemple des résistants au nazisme, nous sommes moins nombreux à défendre les « Jours heureux », premier intitulé du programme du Conseil national de la Résistance adopté le 15  mars 1944. Ce programme fut mis en oeuvre entre la Libération de 1944 et le début de 1946 (avec notamment la Sécurité sociale et la « retraite des vieux »). Les attaques actuelles contre les retraites et la Sécurité sociale sont soutenues par toutes les droites françaises (UMP, Modem, LREM, NR). Dans l’article ci-dessous, que j’ai écrit pour la lettre électronique de Démocratie&Socialisme, je reviens notamment sur la volonté de la droite et du patronat de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance » pour reprendre l’expression d’un ancien dirigeant du Medef.

Après la remise en cause de l’accord sur le climat (COP 21) et de l’accord sur le nucléaire iranien,  Donald Trump vient d’annoncer le retrait des USA du traité de 1987 sur l’interdiction des armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI). « Washington joue un jeu dangereux qui utilise les armes nucléaires comme outil de chantage international » (1). Le chaos s’installe chaque jour un peu plus dans le monde. « Société violente et chaotique » comme disait Jean Jaurès pour qui « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage ».

Le cynisme des affaires

Interrogé sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite, Macron a refusé de s’expliquer et s’est emporté contre les journalistes. La France est un des tout premiers exportateurs d’armes en direction de la dictature saoudienne (et aussi vers les tout aussi peu démocratiques Emirats arabes unis). Hypocritement en février dernier, la ministre des armées Fraçoise Parly avait déclaré  que ces armes « n’étaient pas censées être utilisées » dans la guerre au Yémen (2). Les milliards de dollars de contrats entre la France et l’Arabie saoudite prouvent que pendant les guerres, les affaires continuent ! Et on voit le PDG de Total ne pas hésiter à se rendre au forum économique de Ryad, pourtant boycotté par de nombreux dirigeants après l’assassinat d’un journaliste par les sbires du prince MBS.

Un gouvernement lié au milieu des affaires

La collusion entre les magnats du capitalisme, les milieux d’affaires et le pouvoir n’est pas récente. En France, avec Emmanuel Macron, lui-même ancien banquier d’affaires, elle s’affiche de plus en plus ouvertement. Muriel Pénicaud était DRH chez Danone. Emmanuelle Wargon, nouvelle secrétaire d’état à la transition écologique, était elle aussi chez Danone, directrice de la communication de ce groupe grand fournisseur de matières plastiques, elle  défendait l’huile de palme. La nouvelle secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, est elle aussi  l’archétype de ces hauts fonctionnaires habitués à « pantoufler » dans le privé avec des rémunérations extrêmement élevées : on parle de 500 000 euros par an. Elle était membre de plusieurs conseils d’administration.

Un Président au service du patronat

Ce gouvernement de riches pour les riches est en train de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance » (3) en ce qui concerne la Sécurité sociale : un système géré par les syndicats de salariés et de patrons, basé sur des cotisations sociales des salariés et des employeurs. L’obsession patronale est de se dégager du financement de la Sécu, et de transférer son financement vers l’impôt payé par les contribuables. Pour le pouvoir ce serait tout bénéfice : le budget de l’Etat et celui de la Sécu ne feraient  plus qu’un. Dès 2019, il entend bien piquer dans les caisses de la Sécu et ne plus compenser les exonérations de cotisations sociales (comme celles sur les heures supplémentaires par exemple).

Une unité d’action à reconstruire

Le mouvement Ensemble !, la Gauche démocratique et sociale ainsi que République et Socialisme viennent de s’adresser aux groupe des 12 formations de gauche qui au printemps dernier avaient soutenu en commun la grève des cheminots, pour leur proposer de travailler ensemble sur les retraites, autre question décisive pour l’avenir de la Sécurité sociale.

Retrouver le chemin de l’action unitaire à gauche est décisif si on veut réellement mettre un coup d’arrêt aux attaques gouvernementales. Construire des rassemblements pour les élections à venir (européennes et municipales) est tout aussi important.

(1) Initiatives pour le désarmement nuclaire (IDN)

(2) Yémen: Parly tente de justifier les ventes d’armes à l’Arabie

(3) Denis Kessler alors vice-président du Medef dans Challenges octobre 2007

 


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