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Retour sur une session

Écrit le 21 avril 2016 par Éric Thouzeau

Hémicycle régional

Il est possible de retrouver sur le site du Groupe Socialiste régional différents éléments concernant la dernière session du Conseil régional qui a vu l’adoption du Budget prévisionnel 2016. Je veux, quant à moi, revenir sur quelques points qui m’ont personnellement marqués.

Au cours de la dernière session du Conseil régional, nous avons bien sûr assisté à  la poursuite, de la part de la droite, d’attaques conte la majorité sortante à propos d’une soi-disant « dette  cachée ». Dette dont l’audit, mené par « Ernst and Young» et commandité par le sénateur-président Retailleau lui-même, ne parle pourtant pas. Il serait temps que la droite assume ses responsabilités. Elle n’est également pas très crédible quand elle se  plaint du contexte financier difficile pour les collectivités (et je ne suis pas le dernier à avoir dénoncé les baisses de dotation de l’État et leur effet récessif) : il me semble en effet que cela a bien commencé sous la présidence Sarkozy et que la droite nationale entend aggraver cet étranglement des collectivités en cas de victoire en 2017 .

Sur l’apprentissage, nous avons réussi à faire en sorte que les propositions nationales portées par la droite ne soient pas soumises au vote. Parmi les propositions les plus provocatrices (et ô combien révélatrices) : apprentissage dès 14 ans, travail de nuit pour les apprentis, remise en cause du statut des enseignants dans les lycées professionnels, nomination des chefs d’établissement sur proposition du Président du Conseil régional. Sur le fond, Bruno Retailleau a justifié le travail de nuit des apprentis en prenant l’exemple des boulangers qui, comme chacun sait, se lèvent tôt ! Manque de chance pour lui, le Code du travail, dans son article R 117-bis l’autorise déjà dans ce cas précis ! Il stipule en effet que, si le travail de nuit (avant 6 heures) est interdit pour les mineurs, les apprentis boulangers peuvent être autorisés à travailler avant 6 heures du matin, mais au plus tôt à partir de 4 heures, uniquement dans les établissements où toutes les phases de la fabrication de pain ou de pâtisseries ne sont pas assurées entre 6h et 22h. Même chose pour le travail en hauteur. Dans leur croisade contre les normes et les réglementations, le sénateur-président et les élus de droite fustigent le fait qu’on ne pourrait pas faire monter un apprenti à une échelle . Ils oublient d’abord de dire que 10% des accidents mortels dans le BTP sont causés par une chute de hauteur. Or, par principe, les travailleurs de moins de 18 ans ne peuvent pas être affectés à un poste présentant des risques pour leur santé ou leur sécurité. Cette interdiction connaît des limites lorsque l’employeur met en place des protections pour la prévention du risque de chute. La seule possibilité pour affecter un mineur à un poste de travail en hauteur résidait dans la mise en place de protection collective contre la chute (garde-corps, filets…). Cette disposition a été assouplie en cas d’impossibilité technique de mise en place d’une protection collective ou lorsque la tâche à accomplir en hauteur est de courte durée. La santé au travail des mineurs ne semble pas trop préoccuper nos élus de droite aux discours purement idéologiques. Nous avons par exemple pu entendre Christophe Priou dénoncer, sans sourciller, « le Code du travail qui nous empêche d’être compétitifs ».

Plus généralement, je suis évidemment favorable à la formation sous toutes ses formes. Former et se former est plus que jamais nécessaire. Mais pas d’illusion : en période de chômage de masse, le diplôme et la formation ne créent aucun emploi, mais ne font que changer les places dans la file d’attente pour l’emploi. Sans politique macro-économique de relance, écologiquement soutenable, et sans baisse du temps de travail, il n’y aura pas de recul conséquent du chômage !

L’extrême-droite commence à donner de la voix au sein de l’hémicycle régional. Au travers de divers amendements, nous commençons à voir poindre leur thème favori de la préférence nationale. Et, alors que le FN a demandé la suppression du terme « vivre ensemble » dans la dénomination d’une politique régionale, le président-sénateur a, de manière difficilement compréhensible, proposé de remplacer ce terme par « unité républicaine ». Ce que le FN a tout de suite accepté !!! Attention : nous avons là assisté à un premier compromis droite-extrême droite ! Il est vrai que la droite régionale compte en son sein plusieurs représentants de la droite-extrême (il suffit de lire la tribune Sens Commun-Droite forte-Uni parue dans Le Figaro et signée notamment par deux Conseillers régionaux des Pays de la Loire).

Sur la question de Notre-Dame-des-Landes, la droite régionale a présenté un vœu caricatural et provocateur. Le Groupe Socialiste l’a amendé. Je ne l’ai pas voté pour autant, et me suis abstenu. Je ne souhaite pas en rajouter à la cacophonie actuelle concernant le projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Mais, puisque l’on m’a demandé pourquoi je me suis abstenu sur le vœu à ce sujet, je reviens sur cette question.

NNDL est une question d’aménagement du territoire. Une question importante donc, mais  (pour moi) seulement une question d’aménagement du territoire. Je regrette les indécisions, les louvoiements et atermoiements du gouvernement sur cette question (et des gouvernements successifs depuis plus de 15 ans). La confusion s’est installée. J’ai donc lu avec attention le rapport des trois membres du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD). Il m’a semblé équilibré. Il présente des arguments avec du « pour » et du « contre » concernant les deux hypothèses étudiées : le maintien de l’aéroport sur le site actuel ou le transfert. Même si, à mon avis, il indique plus d’avantages au transfert, auquel je ne suis pour ma part pas opposé.

Y a-t-il encore une voie possible pour éviter l’épreuve de force ? Je ne suis en général ni un fan des méthodes et positionnements de la Ministre de l’Environnement, ni dupe de ses possibles intentions dans ce dossier. Pour autant, on ne peut que constater que les tensions ont baissé à propos du barrage de Sievens. Devons-nous penser qu’une telle voie est impossible à propos de NNDL ? J’ose espérer que non. Sinon, cela diviserait malheureusement encore un peu plus toutes les forces de gauche, et cela empêcherait de se concentrer sur les questions essentielles auxquelles sont confrontés les habitants de notre pays : la lutte contre le chômage et les inégalités. Ce qui passe aujourd’hui par le combat pour le retrait de la Loi El Khomri.


Un commentaire »

  1. Martin Lionel dit :

    Bonjour;
    J’attends de votre part un positionnement dans la consultation NDL à venir qui nous permette d’éviter l’affrontement et nous ouvre la possibilité de proposer ensemble des réponses de gauches « partagées »qui me donneront aussi confiance dans vos activités d’élus .
    C

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