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Salah Hamouri accueilli au Conseil régional

Écrit le 23 septembre 2012 par Éric Thouzeau

Rencontre avec Salah Hamouri le 21 septembre 2012 à l’Hôtel de Région

Lors de son séjour en Palestine en janvier dernier , une délégation du Conseil régional a rencontré l’étudiant franco-palestinien Salah Hamouri qui venait juste d’être libéré après avoir été injustement condamné en 2005 à 7 ans de prison.  Mon collègue Jean-Noël Gaultier, Vice-Président de la commission internationale et les quatre conseillers régionaux  qui sont allés en Palestine (Hedia Manaï-Bauchet, Philippe Papin, Philippe Denis et moi), avons accueilli Salah à Nantes au Conseil régional, en compagnie de responsables de l’association France-Palestine Solidarité.

Salah prisonnier politique pendant 7 ans

Salah Hamouri est né le 25 avril 1985 à Jérusalem. Son père est un Palestinien résidant de Jérusalem-Est. Sa mère est française. Il a été arrêté une première fois le 30 septembre 2001, juste avant la rentrée scolaire. Il était alors en classe de 11e (équivalent de la 1ère en France). Il est resté 2 mois en isolement à la Moskobieh, un centre d’interrogatoire et de détention de Jérusalem, et ce malgré son jeune âge (il avait à l’époque un peu plus de 16 ans). Il a été jugé et condamné à 5 mois de détention pour avoir collé des affiches et fait de la « propagande anti-israélienne » dans le cadre scolaire. Il a passé le reste de sa détention dans la section des mineurs à la prison de Hasharon. Il a été libéré en janvier 2002 et a réintégré son lycée où il a poursuivi ses études jusqu’à l’obtention de l’équivalent du Bac en juin 2003. Il a alors décidé de poursuivre des études de sociologie à la très réputée université de Bethlehem.

C’est dans cette ville qu’il a été arrêté une seconde fois alors qu’il passait la soirée chez des amis, fin février 2004. Une des personnes présente à cette soirée était recherchée par l’armée israélienne. La maison où il se trouvait a été encerclée et les jeunes présents ont été arrêtés. Salah, qui n’avait rien à se reprocher, a dû malgré tout passer 4 mois en « détention administrative » (système repris de la réglementation de l’époque du Mandat britannique, et permettant à Israël le maintien de Palestiniens en détention sans inculpation ni jugement, sans limitation de durée). Il a passé ces 4 mois dans différents camps militaires (Ofer, Katziot puis Maggido). Il dépendait de la juridiction militaire.

La 3e fois, Salah a été arrêté le 13 mars 2005 alors qu’il se rendait à Ramallah. Il a été emmené à nouveau à la prison de Moskobieh. Il y est resté 3 mois, en isolement et en interrogatoire. Un mois après son arrestation, sa famille a appris par la presse qu’il était accusé d’avoir comploté avec 2 autres jeunes contre le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux d’extrême droite SHAS, au motif qu’ils étaient passés en voiture devant le domicile de celui-ci. À cela s’ajoute la présomption de l’appartenance de Salah à un mouvement de jeunesse réputé proche du FPLP, dont Salah n’a jamais été membre. Un « délit d’intention » a ainsi été constitué par le tribunal militaire. Salah a ensuite été transféré à la prison de Beersheba où il est resté un an et demi. Il a ensuite été transféré au centre de Hadarim, puis à Rimonim.

Le 17 avril 2008, après trois ans d’emprisonnement au cours desquels une vingtaine d’audiences ont fait l’objet de reports successifs faute de témoins et/ou d’éléments de preuve permettant d’établir sa culpabilité, Salah a été condamné à 7 ans de prison par le tribunal militaire israélien d’Ofer (situé dans les Territoires palestiniens illégalement occupés) pour « complot et appartenance aux jeunesses du FPLP », et ce à la suite d’une procédure de compromis (« plea bargain »). Salah a été contraint d’accepter ce compromis, sur les conseils de son avocate israélienne, l’infatigable défenseure des droits des palestiniens,  Léa Tsemel : les termes du compromis étant, en effet, « soit vous acceptez et ce sera 7 ans, soit ce sera pire ». Selon les termes du jugement, il était libérable le 28 novembre 2011. En réalité il a été libéré le dimanche 18 décembre, dans le cadre de l’échange de prisonniers avec le caporal Gilad Shalit.

L’accueil de Salah en France est l’occasion pour l’AFPS  de lancer une campagne de soutien aux prisonniers politiques palestiniens dans le cadre d’une opération de parrainage. Les prisonniers politiques d’Israël sont au nombre de 4700, 123 sont détenus depuis plus de 25 ans et 300 sont en détention administrative. La dureté des conditions de détention amènent régulièrement les prisonniers à entamer des grèves de la faim pour avoir droit à des visites, à pouvoir recevoir livres et journaux.

La Région accompagne les associations et collectivités investies en Palestine

En janvier, la Région des Pays de la Loire était invitée en Palestine, dans le cadre de son engagement au sein du Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine. En effet, elle accompagne depuis plusieurs années les associations et collectivités territoriales des Pays de la Loire investies en Palestine. Depuis 2009, elle organise régulièrement des rencontres pour réunir ces différents acteurs. Le 21 octobre 2011, la Région a présenté et approuvé en session plénière un vœu pour la reconnaissance d’un État Palestinien par l’ONU. Dans ce vœu, elle s’engage à apporter « son soutien aux mobilisations et aux initiatives citoyennes et institutionnelles qui se tiennent dans notre région pour la reconnaissance d’un Etat palestinien » ainsi qu’ « aux projets de coopération décentralisée avec l’ensemble des peuples de cette région pour favoriser l’échange, la compréhension et la marche vers la paix ».

La Région finance différents projets de coopération internationale présentés par des associations et des collectivités, via le dispositif Frasicod(*) là-bas et le Contrat État Région principalement sur les thématiques de  la jeunesse, de l’éducation, de l’agriculture et de la culture. Via le dispositif du Frasicod ici, elle soutient les acteurs régionaux  porteurs d’actions de sensibilisation sur la situation palestinienne. Par ailleurs nous étudions la possibilité d’envoyer un Volontaire de la solidarité internationale en Palestine qui permettrait d’apporter un soutien opérationnel et un relais direct pour les actions menées par les associations et collectivités de la région. Ce volontaire serait partagé et cofinancé par la Région et une association active en Palestine.

(*) Fonds Régional d´Aide et de Solidarité Internationale pour la Coopération et le Développement

 


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