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Les licenciements se multiplient, la colère gronde

Écrit le 29 septembre 2020 par Éric Thouzeau

De 2018 à 2020, Macron et sa bande ont baissé les impôts des entreprises pour un montant de 23,2 milliards d’euros. Toutes les entreprises vont mal ? Non, assurément. Il y en a même qui utilisent le prêt garanti par l’Etat, suite à la crise sanitaire, pour racheter un concurrent (1).

Un budget 2021 pour le patronat

Avec son  projet de budget 2021, Le Maire persiste à prioriser les baisses d’impôts et les aides aux entreprises. « On assiste bien à un transfert de la dépense budgétaire vers les entreprises » (2). Rien pour relancer la demande, comme une baisse de la TVA. Le Maire se félicite aussi de « ne pas créer d’emplois publics ». Les effectifs de certains ministères baissent : Travail (-496), économie et finances (-2163), et même celui de la Transition écologique (-947). Alors que l’épidémie redémarre, des lits continuent d’être fermés dans les hôpitaux et les soignants sont toujours en nombre désespérément  insuffisants.

La transition écologique n’est pas la priorité de ce gouvernement, qui ne prévoit aucun investissement massif à se sujet. Alors que la  France compte encore 4,8 millions de logements mal isolés, les deux milliards annoncés sur deux ans pour « Ma primeRénov » sont en fait moins que ce que l’Etat dépensait auparavant avec le crédit d’impôt (CITE) (3). Pour le logement, le bilan du macronisme est calamiteux : l’Etat ponctionne les bailleurs sociaux (1,3 milliard en 2020) et depuis 2017, le nombre de permis de construire ne fait que baisser (de 500 000 par an  à 4000 00 aujourd’hui). (4)

Alors que le gouvernement multiplie les exonérations de cotisations sociales (que l’Etat n’est plus contraint de compenser à la Sécu), Le Maire recommence à menacer : la réforme des retraites serait « indispensable », et la dette « sera remboursée ». Le Maire nous prend pour des ânes : chacun a pourtant compris que l’Etat ne rembourse jamais sa dette. Ce qui compte c’est le coût de la dette : actuellement la dette augmente, mais son coût pour l’Etat diminue, du fait des taux extrêmement bas !

Des aides sans garantie de maintien des emplois

A droite (LR et LREM) tout le monde s’émeut à propos de la fermeture annoncée de Bridgestone à Béthune. Mais dans la réalité que font-ils ? Rien ! Le gouvernement pourrait annoncer son refus d’homologuer le plan social, et bloquer ainsi la notification des licenciements économiques aux salariés concernés…obligeant ainsi le patron à continuer à les payer. Sinon, ce qui risque de se passer c’est que comme à Continental ou à Goodyear, les juges donnent raison aux salariés et à leurs syndicats, mais 6 ou 7 ans, après et c’est alors trop tard !

Pour l’aéronautique, plus de 15 milliards d’euros d’aides, d’investissements et de prêts et garanties ont été prévus. Pourtant les annonces de licenciements se multiplient chez tous les sous-traitants, avec des plans sociaux a minima le plus souvent. Et Airbus envisage de licencier puisque son patron ne garantit pas « que les départs volontaires suffiront ». Dans l’aéronautique, le gouvernement est en train de subventionner le pire plan social de l’histoire, et ne travaille aucunement à des reconversions.

A gauche construire une plateforme commune

Plus personne ne peut ignorer la nécessité de l’unité pour préparer l’alternative à Macron et Le Pen. Les plus opposés à l’unité ont été mis en minorité chez EELV (Y.Jadot) comme au PS (S.Le Foll). L’exigence unitaire est forte, ce qui amène JL.Mélenchon à se sentir « une vocation de candidat commun ». Avant de débattre derrière qui doit avoir lieu le rassemblement de la gauche et des écologistes, il vaudrait mieux s’atteler à l’élaboration d’une plateforme commune. C’est valable pour toutes les élections de 2021 (départementales et régionales) comme pour la présidentielle de 2022. Un rassemblement tout aussi nécessaire en soutien aux luttes alors que la colère gronde dans les localités touchées de plein fouet par les fermetures d’entreprises (5).

 (1) Buffalo Grill, détenu par un fonds de pension britannique, vient de racheter Courtepaille avec le prêt de l’Etat mais ne reprend que 2200 salariés sur les 4000 que Courtepaille comptait début 2020.

(2) Le budget 2021 s’inscrit dans une continuité néolibérale Romaric Godin Mediapart du 28/09/2020

(3) Les aides à la rénovation énergétique des logements vont être de fait divisées par trois  Philippe Alui Tribune dans Le Monde du 27/ 09/2020

(4) L’introuvable politique du logement d’Emmanuel Macron Isabelle Rey-Lefebvre Le Monde du 22/09/2020

(5) « Le peuple pourrait se rebeller » Europe 1 20/09/2020


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